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Hawaiki Nui – Course de pirogues en Polynésie

Hawaiki Nui - Polynesie

1992: la première édition officielle de la course de pirogues en Polynésie, inter-îles Sous-le-Vent Hawaiki Nui voit le jour. Année après année, cette épreuve de 129 kms qui s’organise en trois étapes devient rapidement l’événement le plus prestigieux du va’a polynésien.

course de pirogue hawaiki nui
course de pirogue hawaiki nui

La course polynésienne de pirogues

Derrière l’exploit sportif des rameurs, derrière les victoires et les récompenses des équipes gagnantes, derrière les applaudissements des supporters, évoluent dans l’ombre des hommes et des femmes sans qui Hawaiki Nui ne serait pas. Les acteurs donnent corps à une pièce de théâtre. Mais sans la scène, sans le soutien de leur metteur en scène, sans les éclairagistes, les ingénieurs du son, sans les monteurs de décor, la pièce ne serait pas. Hawaiki Nui La course de pirogues en Polynésie pourrait être le titre d’une pièce de théâtre. Monter et organiser cette course de pirogues aussi attendue n’est pas une mince affaire. Elle exige de la part du comité organisateur de la fédération tahitienne de va’a une patience à toute épreuve et une organisation sans faille.

Côté rameurs: un entraînement spécifique.

Les responsables des clubs de pirogues sont unanimes: Hawaiki Nui n’est pas une course comme les autres. Son parcours évolue entre quatre îles et les étape de la course se déroulent entre les îles polynésienne : Huahine, Raiatea, Taha’a et Bora Bora. Chaque équipe doit relier les étapes quotidiennes sans changement de rameur. Et en cela Hawaiki Nui est une course très attendue des compétiteurs.

Elle est un défi: 4 heures de rame sans changement. Une fois dans la pirogue, les rameurs savent qu’ils doivent aller jusqu’au bout. Hawaiki Nui exige mentalement et physiquement un effort soutenu et prolongé.

La moindre erreur peut alors devenir fatale pour le classement final. Aussi les entraînements commencent-ils 2 mois avant la course et sont plus intensifs que le reste de l’année: « Du lundi au samedi, les rameurs de Shell Va’a se retrouvent tous les matins pour 1h30 de rame et tous les soirs pour 2 heures d’entraînement », précise Richel Moux. Objectif annoncé de l’entraîneur: que les athlètes soient au top de leur forme le jour J. Et en 2002, cette équipe est montée, pour la première fois depuis sa première participation en 1997, sur la plus haute marche du podium.

hawaiki-nui - 2015
hawaiki-nui – 2015

Les équipes de la course et leur logistique

L’entraînement est une chose, l’encadrement des rameurs pendant la course en est une autre. Au bureau du club Shell Va’a, l’on reste convaincu que les enjeux de la victoire se jouent aussi côté cour. Pour suivre les 2 équipes de piroguiers, deux bateaux suiveurs sont mis à l’eau. À bord, un médecin, trois masseurs, l’entraîneur, et le ravitaillement bien sûr. Dans le sillage de ces bateaux de logistique: le bateau des supporters de l’équipe indispensable pour le moral des troupes ! Sans compter la flottille de poti marara qui suit jour après jour les pirogues dans leur évolution. Le lagon turquoise puis l’océan Pacifique ressemble à un terrain de jeux où chaque coup de rame est décisif pour la victoire.

30 millions de budget !

Le Comité Organisateur Hawaiki Nui Va’a (ACOHV) consacre 8 mois de travail à la constitution et au dépôt du dossier administratif de la course. Quant au budget total – 30 millions de francs pacifiques dont 12 provenant de subventions du Ministère de la Jeunesse et des Sports et le reste des sponsors -, il est sans commune mesure avec les budgets des autres courses qui se déroulent généralement sur Tahiti ou Moorea. Pour Hawaiki Nui, où tout se joue à plus de 200 Kms de Tahiti, plus de la moitié du budget est déjà attribuée au transport des pirogues et des rameurs sur les lieux. Au total, ce sont plus de 1200 compétiteurs qui se rendent par avion ou par bateau dans les îles. Sans compter plus de 100 pirogues à transporter à l’aller comme au retour et ce grâce au concours de la marine nationale et la mobilisation des goélettes du trafic interinsulaire polynésien.

Deuxième gros poste des dépenses: la location d’une vingtaine de bateaux pour l’encadrement de la course. Enfin, plus de 12 millions de F CFP de primes viennent récompenser les trente premières équipes de va’a.

L’hébergement sur place.

Loger et nourrir sur 4 îles différentes plus de 1000 personnes demande un travail titanesque ! Heiva Nui, le comité organisateur de la logistique terrestre de la course, est en charge de cette mission. Des conventions sont signées avec les établissements scolaires, les paroisses catholiques et protestantes des îles concernées pour l’hébergement des athlètes. Dans ces dortoirs improvisés, ce sont au total plus de 5000 matelas qui sont installés. Plus de 100 toilettes et plus de 100 douches sont branchées aux abords des locaux. Bien entendu, tout ce matériel est acheminé par bateau…

Côté cuisine, des centaines de petites mains préparent les menus étudiés pour les athlètes. On imagine l’énorme travail de manutention qu’une telle logistique exige ! Le concours et le soutien des communes mais aussi de chaque habitant est précieux. Mais l’hébergement est une chose, il n’est pas tout ! Le comité organise l’installation des chapiteaux, la mise en place de la sonorisation, des stands pour le jury…  Le financement d’une telle entreprise se fait grâce aux subventions du gouvernement.

La mobilisation des secouristes.

Depuis 11 ans, la Fédération Polynésienne de Secourisme (FPS) mobilise deux équipes de bénévoles pour assurer la sécurité en mer et à terre de la course Hawaiki Nui. Ce sont au total plus de 60 personnes qui pendant 4 jours travaillent d’arrache-pied dans un climat convivial, ce qui motive les troupes ! Alors que l’équipe de terre a pour mission première de monter le poste de secours et d’assurer ensuite la sécurité sur les sites étapes, l’équipe de mer mobilise 33 personnes réparties sur 6 bateaux.

Les médecins, infirmiers, BNSSA et secouristes sont prêts à intervenir le plus rapidement possible : sur les trois étapes, il y a entre 22 et 25 réanimations à faire. Hawaiki Nui est une course marathon sans changement. Les risques pour les athlètes sont plus élevés et les interventions à effectuer sont plus importantes que sur les autres courses : coups de chaleur, déshydratation, hypoglycémie, brûlures par frottements sont les cas les plus fréquents rencontrés par les secouristes. Ces derniers oublient leurs longues journées, seules comptent leur disponibilité et leur rapidité d’action !

Hawaiki-Nui
Hawaiki-Nui – la course de pirogues

Hawaiki Nui : une grande fête !

Difficile d’estimer les retombées économiques induites par un événement sportif d’une telle envergure ! L’on pourrait le comparer au Tour de France à vélo mais dans notre cas, sur l’eau ! La compagnie aérienne Air Tahiti par laquelle les visiteurs et les rameurs parviennent sur les lieux mêmes de la course possède des chiffres qui ne trompent pas: presque 1200 passagers membres de clubs de pirogues ont été transportés pour la course Hawaiki Nui 2003. Au total, on compte 19 vols supplémentaires sur la ligne Papeete-Huahine, 10 vols sur la ligne Tahiti-Raiatea, 4 vols sur Raiatea-Papeete et 25 sur la ligne Bora Bora-Papeete. Les pensions, les chambres d’hôtes, les hôtels affichent complets pendant la semaine Hawaiki Nui.

En période de crise, ces taux de remplissage sont salutaires. Quant aux dépenses sur place de chaque visiteur, impossible de les chiffrer. Ce qui est certain, c’est que tout le monde repart chez soi le sourire aux lèvres avec la délicieuse sensation d’avoir partagé un moment sportif d’une grande envergure. Et dans le fond, c’est bien cela qui compte !

Etapes de la course hawaiki-nui-vaa
Etapes de la course hawaiki-nui-vaa
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