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Ile de Huahine

Huahine

Ile plus ancienne que Tahiti, Huahine fut peuplée par les premiers explorateurs polynésiens aux environs de 850 ap.J. C., son ancien nom était Matairea qui pourrait signifier « brise joyeuse » ou « peu de vent ». Alors pourquoi ce nom aujourd’hui de Huahine ? Personne ne le sait.

huahine - Lagon
huahine – Lagon

Découvrir la joyeuse île de Huahine

Hua pourrait signifier « sexe » et hine est la marque du féminin. Peut être faut il voir là une corréllation avec le mont Tevaiura, qui surplombe la baie de Fitii et qui présente, vue de Fare, la silhouette d’une femme allongée enceinte ? L’image sublimée de la beauté ?

Huahine pourrait également signifier « fruit gris », nom dérivé de Hua Huatearu, « corail brisé » et lié à une légende de l’île selon laquelle Hiro, le dieu des voleurs coupa l’île en deux avec sa pirogue…

En tous les cas, lorsque Cook révéla aux Occidentaux son existence le 30 janvier 1769, il l’a nomma hermosa qui signifie « belle », « jolie » en espagnole. Protectorat français en 1888 puis annexion en 1897, ses habitants ne sont de citoyenneté française que depuis 1945.

Huahine se situe par 151°de longitude ouest et 16°45 de lattitude sud. Composée de deux îles, elles partagent le même lagon. Deux îles formées par trois volcans principaux apparus il y a de celà 3,2 à 2,6 millions d’années. Huahine est donc d’un âge plus ancien que l’île de Tahiti (« seulement » 1,3 à 0,3 millions d’années).

Le plus vieux volcan forme la petite île, Huahine iti, avec le mont Pohue Rahi (« la grande liane », 462m) et le Mou’a Toru (« la montagne a trois pics »). Les deux autres volcans forment la grande île, Huahine nui, avec les monts Turi (669m) Mato Ere Ere (« la falaise noire », 580m), Tapu, Pa’eo et Vahi. Un petit détroit sépare les deux îles avec, à l’Est la baie de Maroe, haut lieu de pêche à la langouste (oura miti) , à la cigale de mer (tianee), et à l’Ouest la baie de Bourayne.

Une maison sur Huahine
Une maison sur Huahine

5 422 habitants pour une superficie de 73 km, la population de lîle se répartit en huit districts ou villages, quatre sur chaque île :

  • Fare, Maeva, Faie et Fitii (1032 hab.) sur Huahine Nui
  • Parea (469 hab.), Tefarerii (409 hab.), Haapu (591 hab.), Maroe (414 hab.) sur Huahine Iti.

La population totale est donc de 5422 âmes au dernier recensement de 1996. Et son activité dominante est l’agriculture. L’île est avec Maupiti la principale productrice de pastèques de Polynésie française, cultivées principalement sur les nombreux motu parsemés tout autour de Huahine, avec le melon. Sont également plantés bananiers, taros, manioc, cocotiers et, nous l’avons vu, la vanille. Epargnée des grands flux touristiques, l’île a gardé son authenticité. Si le tourisme est forcément culturel à Huahine, l’originalité de l’île est d’avoir su concilier son développement et le respect de l’environnement. Le récent complexe hôtelier de l’île, le Huahine Te Tiare Beach Resort, en est l’exemple parfait.

Huahine iti
Huahine iti

Un tour sur Huahine : l’île pittoresque

Ce petit village, véritable poumon de l’île de Huahine, est agencé autour de son quai maritime, prolongé par une plage qui invite à la baignade. Situé sur Huahine Nui, c’est sur ce même quai qu’arrivent les goélettes qui ravitaillent l’île, qu’est célébré en juillet le Heiva et qu’a lieu tout au long de l’année le marché. Puis en quittant Fare vers le Nord, avant l’aérodrôme, par la plage ombragée, à proximité de l’ancien hôtel Bali Hai, on accède aux sites archéologiques de Fa’ahia et Vaito’otia. Il s’agit davantage d’une zone de fouilles que de sites très visibles.

Ces deux endroits revêtent une importance considérable. Découvert par hasard lors de la construction de l’hôtel en 1972, le célèbre professeur Sinoto du Bishop Museum d’Honolulu date l’occupation humaine du lieu de 850 à 1200 ap. J. C., peut être même avant. C’est à ce jour la date d’occupation par l’homme la plus ancienne recensée dans l’archipel de la Société. Mais bien plus qu’un simple record, cela permit au professeur d’avancer de nouvelles théories relatives au peuplement de la Polynésie.

Les deux sites auraient constitué l’intermédiaire entre le peuplement des Marquises (environ 300 ap. J. C.) et celui de la Nouvelle Zélande (environ 800 ap. J. C.) à partir justement des îles de la Société. Fa’ahia comprenait un atelier de construction de pirogues et des greniers à nourriture sur pilotis, tandis que Vaito’otia aurait été une fabrique d’hameçons. On avance également une occupation plus périodique des lieux, lors des saisons de pêche comme celle de la tortue. Quoiqu’il en soit, les sites semblent avoir été abandonnés vers 1 100 de notre ère, suite à une élévation du niveau de la mer. Raz-de- marée ou au contraire phénomène lent ?

Rien n’est encore certain à ce jour. Ce qui est sûr en revanche est que cette invasion des eaux a permis la remarquable conservation dans l’eau saumâtre d’objets en bois tels éléments de pirogues, écope, rame, leurres à bonites, herminettes, penu, peignes à tatouer. Et la découverte la plus étonnante est sans aucun doute deux massues plates (patu) dont l’existence n’était alors attestée qu’en Nouvelle Zélande.

Huahine nui
Huahine nui

Sur la gauche, la route se poursuit par le collège de Fare puis bifurque vers l’aérodrôme. En laissant sur votre gauche la piste d’aviation en soupe de corail et longeant le lac de Fauna Nui, vous arrivez au village de Maeva. Siège de la royauté des temps anciens, Maeva a conservé les vestiges de son importance d’antant.

Trente cinq marae sont parsemés aux environs du village, le plus grand nombre situé sur la colline Matairea. A l’entrée du village, un Fare pote’e (restauré en 1995 par l’association Opu Nui) sur pilotis, en bordure du lac de Fauna Nui, fait office d’éco-musée et abrite les découvertes des fouilles, objets anciens… C’est également dans ce secteur que se trouvent les 11 marae des familles royales de Huahine qui ont fait l’objet d’un vaste programme de restauration. Puis face au temple de Maeva, un chemin conduit à la colline Matairea, véritable musée à ciel ouvert. Le marae le plus proche de la colline, le marae Matairea Rahi est le plus ancien (1300 ap. J. C.).

Consacré au dieu Tane, ce fut le marae principal de l’île jusqu’au siècle dernier. Un peu plus loin, un pont relie Maeva à sa presqu’île. C’est de ce pont que s’offre la meilleure vue sur les parcs à poissons, tous en pierre. Au delà du pont, la route se divise en deux chemins. Sur votre droite, c’est le Sofitel Coralia Ia Ora, Huahine splendide établissement hôtelier. A gauche, l’impressionnant marae Manunu (40 m de long), en bordure de lagon, qui fut le marae communautaire de l’île après celui de Matairea Rahi. Construit aux environ de 1 500 ap.J. C. son ahu (partie la plus sacrée du lieu) est de deux niveaux superposés.

En retraversant le pont et en poursuivant le tour de l’île vers le Sud, on rencontre Faie et sa rivière où l’on peut apercevoir les anguilles sacrées. Après Faie, la route quitte le littoral pour se diriger à l’intérieur des terres et passer un col d’où la vue sur la baie de Maroe est superbe et redescendre sur le littoral. La route se sépare à nouveau en deux et sur la droite, le chemin se poursuit vers le fond de la baie.

A gauche le chemin qui va sur Huahine Iti et le pont reliant les deux îles. Après avoir passé ce pont vous êtes sur Huahine Iti, traversez les villages de Maroe où sont à voir de curieuses formations géologiques, de Tefarerii (« la maison des rois ») avec les baies de Rate et Apoomatai puis de Parea et la presqu’île de Tiva, domaine des plus belles plages de l’île. C’est aussi là que se dresse le marae Anini, dédié au dieu Oro. Puis ce sont les villages de Haapu (dont la route est sans issue) et de Fitii avant de regagner Maeva et de boucler le tour de Huahine.

Carte de Huahine
Carte de Huahine
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