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Canal du Midi

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Voie navigable ancienne, au trafic réduit, le canal du Midi relie la Garonne à la Méditerranée, de Toulouse à l’étang de Thau, par le seuil du Lauragais ou de Naurouze et la vallée de l’Aude; 241 km. Construit entre 1666 et 1681 par l’ingénieur Riquet, le canal du Midi, appelé parfois, canal du Languedoc, ou canal des Deux-Mers, a 65 écluses.

Histoire du Canal du Midi

Des études sur la possibilité de créer de canaux pour relier des voies d’eau naturelles ont commencé en France dès le XVIe siècle, au moment où François Ier revenait d’Italie. Un des projets prévoyait la jonction de la Garonne à l’Aude, et donc celle de l’Atlantique à la Méditerranée. La première entreprise couronnée de succès fut le canal de Briare, qui devait relier la Seine et la Loire en 1642. Les solutions apportées aux difficultés techniques rencontrées relancèrent l’intérêt pour la liaison Atlantique-Méditerranée. Cette liaison devait devenir une réalité en raison du climat politique favorable dont bénéficiait la France à cette époque et aussi grâce à l’intérêt d’un homme exceptionnel qui n’eut de cesse de voir aboutir un projet de cette envergure.

Pierre Paul de Riquet avait cinquante ans quand il commença à travailler sur le projet du Canal du Midi, en 1654. Il envisagea un certain nombre de tracés pour relier la Garonne à l’Aude et diverses solutions pour la ligne de partage des eaux entre les deux rivières à Naurouze. Il sollicita l’aide de spécialistes locaux, en particulier de Pierre Campmas, responsable de l’approvisionnement en eau de la ville de Revel, au pied du massif de la Montagne Noire. Il recruta aussi François Andreossy, ingénieur civil spécialiste des questions hydrauliques.

En 1662, Riquet s’assura le soutien de Jean-Baptiste Colbert, intendant des Finances de Louis XIV, qui n’avait de cesse de favoriser la création d’industries en France. Colbert réalisa très vite l’importance du canal proposé et accorda à Riquet son aide la plus totale. Il communiqua son enthousiasme au roi, qui comprit le lustre que ce canal pourrait apporter à son règne. Une Commission royale fut constituée pour étudier la viabilité technique et financière du projet: après avis favorable de la Commission, des lettres patentes furent accordées à Riquet pour creuser une étroite voie d’eau sur toute la longueur du tracé et prouver ainsi que le problème de la différence de niveau des eaux à Naurouze pouvait trouver une solution.

Le canal du Midi devait être financé sur une double base: par la Trésorerie royale et par la province du Languedoc, Riquet lui-même avançant les fonds. L’apport de la Trésorerie servit à acheter les terres; celui de la province à financer les travaux.

La gestion du canal une fois terminé et les revenus éventuels qui en découleraient reviendraient à Riquet et à ses successeurs. Un édit royal annonçant la construction du canal du Midi fut publié, la première pierre fut posée le 29 juillet 1666, et des lettres patentes remises à Riquet. Ces lettres patentes ne concernaient cependant que la partie occidentale du projet, entre la Garonne à Toulouse et l’Aude à Trèbes. Les travaux furent terminés en huit ans et 3,36 millions de livres furent investis dans cette construction. La seconde partie fut alors autorisée entre Trèbes et Sète, sur la Méditerranée, en 1669.

Deux mille ouvriers furent engagés en janvier 1667. Ce nombre monta à douze mille, dont six cents femmes. Ils étaient répartis en douze divisions, chacune sous la responsabilité d’un «inspecteur général»; chaque division était elle-même composée d’équipes de cinquante personnes sous l’autorité d’un contremaître.

Le projet dut faire face à de nombreuses vicissitudes et crises financières au cours des années qui suivirent, mais il avait été mené à bien en mai 1681, quelques mois après la mort de Riquet. En raison des plaintes persistantes des riverains dont les terres étaient inondées, le grand architecte militaire Vauban fut envoyé sur place. Le rapport qu’il rédigea eut pour conséquence la construction d’un certain nombre d’aqueducs et l’accroissement de la hauteur du barrage de Saint-Ferréol. Les éléments finaux du canal furent terminés en 1694. Son coût total fut de 14 millions de livres, soit un dépassement de 70 % des estimations initiales, ce qui n’était pas surprenant compte tenu du nombre élevé de problèmes imprévus qui étaient apparus en cours de réalisation.

Les travaux ancillaires complémentaires furent ceux du canal de Saint-Pierre (ou canal de Brienne) à Toulouse, du canal de jonction pour alimenter le canal de la Robine et Narbonne (1768-1787) et du pont-canal de l’Orb (1854-1857).