Election : Pourquoi Publier les résultats avant 20h ?

Allons-y à la serpe et taillons dans le gras du n’importe quoi médiatique habituel des derniers jours, qui auront vu Libération – qui a le sens de l’histoire – relever une croisade (oui, une croisade) lancée par Jean-Marc Morandini en 2007. Ca valait bien le coup d’une Une, après tout, à trois jours de la probable élection d’un Président de la République de gauche, non ?

Election Présidentielle 2017
  1. Evacuons le problème.

Il n’y a pas de problème de sincérité du scrutin. L’information sur les estimations, non officiellement publiées par un media officiel, peut toucher environ 50.000 personnes en situation de voter, soit 0,1% du corps électoral. Et son impact sur leur vote est tout sauf sûr, et risque de ne pas le changer (cf. les 800.000 votants d’Outre-Mer de 2002, qui, disposant de l’information sur Le Pen, n’avaient pas changé leur vote). Des tas de pays pratiquent l’information en continu le jour du scrutin. Democracy is safe. Lire Bruno Jeanbart sur ce point.

L’info en continue

  1. Pourquoi cette obsession ?

Cette obsession des media. Je l’ai déjà dit. On parle ici du rituel qui veut qu’en France, c’est la télé qui dit qui sera le président. Et nos amis des media trouvent dur de se trouver dépossédés de ce pouvoir magique de dire qui sera le président, y attachant un privilège, dont ils se voie t symboliquement dépossédés par le web. L’imaginaire du front pixellisé de François Mitterrand est érigé en moment mythique de la démocratie, quand ce n’est qu’un moment du spectacle politique.

  1. Peut-on faire taire ce débit inutile ?

A toutes les élections, c’est donc désormais le même tintamarre. Elisabeth Lévy copie-colle son billet de l’élection précédente, Jean-Marc Momorandini relance le débat parce que merde, c’est un sauveur de la démocratie, et le petite monde auto-référentiel du media parisien d’enflamme à propos d’une question qui n’intéresse que lui : va-t-il se faire piquer du théâtre politique par ces sous-français que sont leurs collègues belges et suisses, voire par de vulgaires blogueurs twittosfrançais de base ?

On ne peut pas l’arrêter. Qu’ils tournent en rond avec leurs questions. Détournons-nous en.

  1. Et le mépris de l‘électeur ?

Dans cette petite affaire, beaucoup moins importante que la fabrique de l’opinion à coups de sondages pendant des mois et des mois, il n’y a rien. Rien sauf un mépris, sous forme de méconnaissance, de l’électeur. A trop regarder l’influence potentielle, même non évaluée, de cette « information » très partielle sur un électeur fantasmé, pendant quelques minutes, ces professionnels des media ne prouvent qu’une chose : le mépris de la complexité de son acte, l’absence de réflexion sur ce qu’il porte, ou, surtout, l’envie qu’il soit dicté par ce pouvoir qu’ont ceux qui pensent « faire l’information », et donc le vote.

Petite, toute petite histoire, qui en dit beaucoup sur ceux qui se posent en  défenseurs de la démocratie.

  1. Faut-il changer les règles ?

Non. Le statu-quo actuel est très bien comme ça. Il laisse une respiration aux citoyens, qui peuvent ainsi se passer une information molle, non officielle, non professionnelle, pendant quelques heures, sans faire de mal à la démocratie. Il correspond bien au statut et aux pratiques de l’information aujourd’hui. Et emmerde un peu quelques rédactions : on doit pouvoir vivre avec ça sans qu’ils n’en fassent les gros titres à chaque veille de scrutin (comme si le sort de leur audience était plus important que le choix d’un candidat).

Fin du délire ? Non. Rendez-vous aux prochaines élections. On pourra relancer la machine à remonter le web.

 

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