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La Corée

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Au sein des peuples asiatiques, en Corée, les quelque 68,4 millions de Coréens se distinguent moins par leurs caractères physiques que par leur langue, leur civilisation et leur tempérament national original. La linguistique, l’archéologie et l’ethnologie conjuguent aujourd’hui leurs efforts pour réfuter l’existence d’un peuple «unique», qui aurait conquis toute la péninsule coréenne.

Voyage au coeur de la Corée

Étendue du 34e au 43e parallèle, la Corée occupe des latitudes tempérées, malgré son climat à tendance sibérienne dans le Nord (la moyenne de janvier descend à – 21 °C sur le haut Yalu), quasi tropical au sud et soumis, ici et là, au régime estival des moussons (deux tiers des précipitations interviennent de juin à septembre). Des vents glacés soufflent du continent en hiver, tandis que la mousson d’été amène des pluies diminuant de 1 400 mm au sud à 500 mm dans le Nord-Est de la Corée. C’est ainsi qu’il pleut davantage au sud qu’au nord, où l’été est deux fois plus court et l’hiver plus rude (4 °C de différence en juillet; 15 °C en janvier).

Montagneuse et humide, la Corée n’est pourtant plus un pays de forêts. Plus de la moitié des surfaces boisées ont été altérées par un intense déboisement visant à alimenter la population en combustibles et en matériaux de construction. Très touffue, avec un sous-bois dense et des feuillus sempervirents, la forêt coréenne est plus riche en résineux au nord et en feuillus (camélia, magnolia, lianes et épiphytes) au sud; le bambou apparaît partout. L’érosion, favorisée par la dénudation des sommets, n’a pu être enrayée par les campagnes de reboisement menées dans les deux Républiques du Nord et du Sud.

Les ressources naturelles de la Corée

Le Nord et le Sud de la Corée se distinguent aussi par les richesses de leur sol et de leur sous-sol. La République populaire est particulièrement bien dotée: au fort potentiel hydroélectrique s’ajoute l’abondance des minerais: houille (non cokéfiable), fer, plomb, zinc, molybdène, magnésium, wolfram, or, argent; seul le pétrole doit être importé. Le Sud – qui dispose seulement d’un peu de houille, de cuivre et d’or – a dû asseoir son industrie lourde et son énergie sur de fortes importations d’hydrocarbures.

Les hommes et leur civilisation

Si les mythes prêtent à Tangun, fils d’une ourse métamorphosée en femme, le rôle d’ancêtre fondateur, l’existence d’une dizaine de tribus, dont on connaît les usages par les chroniques chinoises, est attestée au Ier siècle av. J.-C. Celles de Corée du Nord possèdent les caractères des peuples sibériens: chasseurs, pêcheurs, rudes cavaliers chassant et combattant à l’arc; celles du Sud élèvent chevaux et bœufs, filent la soie et le chanvre, portent perles et ornements, pratiquent la musique et la danse.

En provenance du nord-ouest, la domination han, qui se fait sentir progressivement, permet à la Corée d’entrer dans l’histoire: c’est alors que sont fondés les premiers États (Koguryo au nord, Paikche au sud-ouest, Silla au sud-est), qui paient tribut à la Chine. Lorsque Silla absorbe les deux autres États, la péninsule se trouve unifiée en 735. L’effondrement de la dynastie Silla en 935 ouvre la voie aux dynasties Koryo (918-1392) puis Li (jusqu’en 1910), tandis qu’une commune sinisation estompe les différences spatiales.

La Corée
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La Corée : entre Chine et Japon

Sur une forte identité sibérienne (habitat creusé, vêtements de peau, rôle mythique de l’ours, chamanisme) se sont déposés, dès le IIIe siècle avant notre ère, et par vagues successives, des éléments de la civilisation chinoise. Outre l’écriture des caractères, l’architecture à base de bois des sanctuaires, le bouddhisme, et surtout le confucianisme, ont forgé la culture extrême-orientale. Ces deux religions, les arts, la géomancie et la riziculture irriguée rapprochent singulièrement la Corée de la Chine, mais aussi du Japon ou du Viêt-nam.

Les apports chinois ne furent pourtant pas synonymes d’assimilation; en témoignent la persistance du chamanisme, un costume national distinct, un art des jardins original, la rareté du thé, la préférence accordée à la nature sur le code, le succès des religions chrétiennes et surtout un relatif individualisme, qui distingue fortement le Coréen de ses voisins chinois ou japonais.

La Corée a joué un rôle d’intermédiaire lors de l’adoption par l’archipel nippon de la civilisation han; ses artistes, ses lettrés et ses moines ont enseigné maints arts et procédés chinois à leurs voisins orientaux. Au XXe siècle, le courant s’est inversé: de 1910 à 1945, devenue colonie nippone, la Corée a pu bénéficier de l’apport des techniques et d’une économie modernes. Le lourd «contentieux» qui apparaît encore dans les relations entre Coréens et Japonais provient largement de ce passé: les premiers se considèrent comme les «civilisateurs» des seconds; de leur côté, les Japonais ont tendance à voir dans la péninsule coréenne une zone demeurée longtemps attardée.

Le caractère national coréen s’est affirmé au-delà des différences entre le Nord et le Sud. Les gens du Nord vivent dans une nature sévère; ceux du Sud les perçoivent comme persévérants, voire rudes; à leur tour, ils apparaissent parfois amollis et sans agressivité à leurs compatriotes septentrionaux. Considéré globalement, le Coréen est scrupuleux, diligent, modelé par la pensée confucéenne. Paisible et hospitalier, il aime argumenter avec une vivacité directe, bien différente de la subtilité chinoise ou des échappatoires japonaises.

Inséré depuis toujours entre ces deux encombrants voisins, il a développé un sentiment national aigu et intransigeant.

La structure sociale traditionnelle de la Corée ressemble à celle des autres peuples extrême-orientaux: une paysannerie nombreuse dominée par une bourgeoisie marchande et des corporations artisanales vivant dans les bourgs. Ces trois catégories sont elles-mêmes soumises à l’aristocratie des Yangban, lettrés ayant seuls accès à la fonction publique, qui assoient leur autorité sur les principes d’un confucianisme rigide, leur fortune sur la possession de la terre et la jouissance de postes élevés dans l’administration.

Corée - Carte
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L’économie traditionnelle de la Corée

La pression démographique et l’absence traditionnelle d’élevage ont donné très tôt de fortes densités rurales – en moyenne 1 300 h./km2 si l’on s’intéresse aux seules régions cultivables. Une fécondité élevée était compensée jusqu’au début du XXe siècle par une très forte mortalité, de sorte que l’effectif total de la population se stabilisait.

La misère entretenue par le surpeuplement chronique s’accroissait avec la situation de dépendance du paysan vis-à-vis de l’usurier (à qui il vendait souvent sa récolte à l’avance), de l’intendant du grand propriétaire (le fermage représentait au moins la moitié de la récolte) et du marchand (qui contrôlait les prix). La maison était le seul capital que l’on ne sût vendre.

Seules les calamités naturelles (typhons, sécheresse, inondations, gelées) contraignaient le paysan à quitter son village pour s’entasser dans les faubourgs urbains et à abandonner ses solidarités protectrices. Les cités, sièges de l’autorité, serraient leurs maisons de bois couvertes de chaume ou de tuile; seule la haute silhouette des temples dominait l’horizon urbain. Le palais du riche y côtoyait les plus modestes masures. La place était dans la plupart des cas limitée par une enceinte fortifiée

La vie rurale coréenne

Comme dans tout l’Extrême-Orient, l’élevage n’a qu’un rôle secondaire: buffles au sud, porcs et volailles en toutes régions. Si le riz domine l’agriculture, il n’est pas la seule plante nourricière: millets (surtout sorgho), blé, maïs et soja s’y associent. Sésame, arachide et colza fournissent les matières grasses végétales.

Le riz commande le paysage rural et la vie paysanne. Repiqué sur des terres préalablement mises en eau, il nécessite environ 1 300 mm de précipitations annuelles, si bien que le paysan a fréquemment recours à l’irrigation. Si les engrais, savamment préparés, peuvent enrichir la terre, il n’en faut pas moins maîtriser l’eau, l’emmagasiner en amont dans les réservoirs, tout en préservant champs et rizières des inondations. Un outillage entièrement manuel, simple et efficace, complète cet environnement technique. L’hiver permet au paysan d’émigrer en ville pour se faire artisan temporaire ou colporteur. L’été est la saison des gros travaux et février, le mois traditionnel du repos.

Les activités extra-agricoles

En Corée, la pêche oppose les villages, où elle se pratique de façon traditionnelle dans le réseau des réservoirs et des canaux, aux côtes, où elle anime des communautés spécialisées. Les deux Corées sont aujourd’hui responsables de 4,6 % des captures de l’océan mondial.

L’artisanat est aux mains du paysan durant les quelque 120 jours de repos hivernal, et surtout des spécialistes vivant dans des bourgs et traditionnellement organisés en corporations. Forgerons, papetiers, potiers établissent leurs ateliers près des zones d’extraction des matières premières. Tisserands, vanniers, fabricants de sauce de soja, de nattes ou d’outils agricoles sont disséminés un peu partout.

Les marchés périodiques, qui ont lieu tous les cinq jours, ont pris leur forme très anciennement. Au milieu du VIIIe siècle, on estime leur nombre à un millier, distants en moyenne de 20 km. Sous la domination japonaise, ce nombre croît de 50 %, mais chute avec l’essor de l’automobile et l’urbanisation des campagnes. C’est aujourd’hui dans la ville la plus proche (éloignée de 50 km en moyenne) que le paysan coréen commerce.

Corée Sud - Carte
Corée Sud – Carte

La colonisation japonaise de la Corée

Isolé depuis le XVIIe siècle, le «royaume ermite» s’ouvre d’abord aux Russes en 1860. La guerre sino-japonaise libère la Corée de la tutelle chinoise en 1895; en 1910, le pays est annexé à l’Empire japonais. En 1945, les 700 000 Nippons qui y résidaient contrôlaient la totalité de la vie nationale. À leurs yeux, deux catégories de ressources devaient rentabiliser la Corée: le riz, pour lequel une agriculture savante fut développée dans le Sud; les matières premières minérales (en partie traitées sur place) et l’énergie (que la construction de grands barrages dans le Nord permit d’obtenir).

Les Japonais introduisirent dans la péninsule toutes les techniques modernes: agriculture à haut rendement, industries lourde et légère, voies de communication (routes, voies ferrées, télégraphe). La Corée devint une immense «usine» produisant pour l’archipel vivres et produits industriels bruts ou semi-manufacturés. La mainmise totale des Japonais sur la vie publique et privée (religion, langue) accompagnait cet «enseignement» forcé, suscitant une vive résistance nationale, provoquant notamment des émeutes en 1919. Un urbanisme moderne façonna les grandes villes (Pyongyang, Séoul, Pusan) et les ports de la mer du Japon; la population, qui ne cessa de s’urbaniser, passa de 14 à 25 millions d’âmes de 1910 à 1945.

Le partage d’une nation

Dominée d’une main de fer pendant trente-cinq ans, la Corée de 1945 fait pour ainsi dire partie du Japon. À la fin de la guerre du Pacifique – conformément aux accords de Yalta –, il est convenu que les armées nippones se rendent aux Soviétiques au nord du 38e parallèle et aux Américains au sud de celui-ci; il ne fut pas question de partage politique (les Coréens ne furent d’ailleurs pas consultés sur ce point). Ici et là, le nouvel occupant s’efforça de susciter la mise en place d’un gouvernement qui lui soit favorable; le 15 août 1948, Syngman Rhee fut élu président d’une «République de Corée»; le mois suivant, Kim Il-sung était à son tour porté à la tête d’une «République démocratique populaire de Corée».

Entre les deux moitiés de la nation (Corée du Sud et Corée du Nord) – dressées l’une contre l’autre par leurs gouvernements et leurs alliés (Chinois au nord, Américains sous le drapeau des Nations unies, au sud) – une guerre sanglante, qui fit près de deux millions de morts et de disparus, se déroula du 25 juin 1950 au 27 juillet 1953 (armistice de Panmunjon): la conséquence fut le gel absolu des positions respectives et l’installation d’une zone démilitarisée à hauteur du 38e parallèle.

À l’issue de la guerre, les deux Corées héritaient chacune d’une partie des structures économiques mises en place par les Japonais: le Nord très industrialisé, riche en énergie, mais à l’agriculture déficiente; le Sud aux riches cultures, mais dénué d’industries lourdes et de ressources naturelles ou énergétiques suffisantes.

La langue coréenne

Le coréen, langue que l’on rapproche généralement de la famille altaïque, comprend six dialectes régionaux. Les plus courants sont le munhwaeo au nord (sur la base du parler de Pyongyang et de la province de Hangyong) et le pyojumal au sud (sur la base du parler de Séoul). La syntaxe est marquée par la position finale du prédicat dans la phrase et l’absence de prépositions au profit des postpositions. Le lexique est constitué d’un grand nombre de mots d’origine chinoise (52 %). Une écriture alphabétique, le hangul, composée de 10 voyelles et de 14 consonnes, fut créée au XVe siècle.

Elle fut jugée trop commune par les lettrés, qui utilisèrent les caractères chinois jusqu’à la fin du XIXe siècle. Aujourd’hui, le Nord utilise exclusivement le hangul, qui comporte désormais 21 voyelles et 19 consonnes, tandis que cette question soulève de vifs débats dans le Sud, où le hangul classique est enrichi de quelque 1 800 caractères chinois.

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