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Le labyrinthe de Pan

Réalisé par Guillermo Del Toro
Avec Ivana Baquero, Sergi Lopez, Doug Jones

Espagne, 1944. Fin de la guerre.
Carmen, récemment remariée, s’installe avec sa fille Ofélia chez son nouvel époux, le très autoritaire Vidal, capitaine de l’armée franquiste.
Alors que la jeune fille se fait difficilement à sa nouvelle vie, elle découvre près de la grande maison familiale un mystérieux labyrinthe. Pan, le gardien des lieux, une étrange créature magique et démoniaque, va lui révéler qu’elle n’est autre que la princesse disparue d’un royaume enchanté.
Afin de découvrir la vérité, Ofélia devra accomplir trois dangereuses épreuves, que rien ne l’a préparé à affronter…

Le labyrinthe de pan
Le labyrinthe de pan

Critique du Labyrinthe de Pan

Excellent film qui réussit l’exploit de marier l’univers sombre de la guerre et du fascisme avec celui du fantastique et du conte.

Ces deux univers s’affrontent, se frottent autour d’une jeune fille, à la fois l’héroine d’un conte et victime de la guerre. Del Toro a donc composé un univers où se côtoie une certaine magie féerique avec l’horreur de la guerre et du fascisme à l’état pure.

Ainsi Del Toro a créé un espèce de « cross-over » entre deux univers (celui du franquisme et celui du conte) qui n’ont pourtant à première vue rien à voir. Et cette association fonctionne à merveille tant elles sont finalement complémentaires comme je l’expliquerai après, à la lumière de ce qu’on retrouve au milieu de la rencontre de ces deux univers.

En effet, le véritable intérêt du film réside pour moi dans ce mariage autour d’un 3eme thème : l’enfance.
Confronté au mal et à la violence (le franquisme, incarné dans le film par le général), l’enfant est dans les films de Del Toro, une véritable puissance créative (sa croyance en un autre monde possible, son refuge, celui des contes). Mais l’enfant est aussi fragile et il est souvent sacrifié pour faire apparaître la justice et la vérité, c’est à dire la victoire de la Vie, même dans dans un contexte aussi terrible que celui du chaos franquiste.
Ce conte est donc la manière de la petite de rentrer en résistance contre ce système obscurantiste qu’est le franquisme.

Labyrinthe de Pan – Film 2007

Car croire en ce conte est sa liberté élémentaire que tout système fasciste cherchera a lui enlever, d’où cet affrontement dans le film entre ce conte et cette réalité franquiste.
Croire en ce conte, c’est aussi en effet pour elle un appel à la liberté.

On peut trouver un autre énorme intérêt dans ce film à travers son traitement du thème du monstre dont le capitaine en est la véritable incarnation.
C’est dans le film un homme qui prend soin de son apparence (on le voit se raser, se laver, remettre son uniforme très souvent) pour mieux dissimuler sa vraie nature : un être véritablement abominable, mais non dénué d’ambiguités (l’histoire de la montre a son père, son désir d’avoir une descendance, etc.) qui peut le rendre parfois affreusement humain…!
Il faut d’ailleurs enfin noter la performance tout simplement incroyable de Sergi Lopez qui campe ce capitaine-dictateur-facho de manière impressionnante. La vision de ce film se suffirait rien qu’à cette interprétation.

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