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Histoire de la Mongolie

Mongolie

Au XIIIe siècle, débute l’histoire de la Mongolie, date à laquelle est fondé l’Empire des Mongols. D’après la tradition, il y eut dès ce moment des tentatives d’unité chez les Mongols, mais elles n’aboutirent pas.

Naissance de la Mongolie et de l’empire mongol

C’est à Témudjin Uge que revient la constitution d’un Empire mongol réel et durable: en 1206, après avoir unifié la Mongolie, il est élu khan suprême (empereur) de «tous ceux qui habitent sous les tentes de feutre», c’est-à-dire de toutes les nations turco-mongoles de haute Asie; il prend le nom de Gengis Khan.

Cet empire repose sur une base religieuse: le vieil animisme turco-mongol, qui comprend le culte des sommets et la croyance au ciel divinisé. L’écriture est empruntée aux Turcs ouïgours, et sous le règne de Gengis Khan, apparaît l’ébauche d’un droit coutumier très sévère. La société, très hiérarchisée, comprend au sommet la famille de Gengis Khan, qui possède les pays conquis, une aristocratie destinée à encadrer les guerriers, lesquels sont des hommes libres, et enfin les serfs, qui ne sont pas des Mongols.

L’organisation de l’armée est aristocratique, avec, au sommet, la garde personnelle du khan.

Cet empire ainsi organisé entreprend des conquêtes à l’est et à l’ouest selon la méthode habituelle des nomades: razzias, destructions et massacres. La conquête de la Chine du Nord commence en 1211. En 1218, Gengis Khan fait la conquête du Turkestan oriental, anéantissant l’Empire Kara Kitay, puis va détruire en 1220 l’empire rival du Kharism et Samarkand. En 1221, il conquiert et dévaste l’Afghanistan, puis se dirige vers la Perse, la Russie et l’Europe qui est sauvée du péril mongol par la mort de Gengis Khan, en 1227.

Son empire est alors partagé entre ses quatre fils et c’est le troisième, Ogoday, qui est élu grand khan en 1229. Sous son règne ont lieu la conquête de la Chine septentrionale et l’achèvement de celle de la Perse et de la Russie; il meurt en 1241. En 1246, Güyük, fils d’Ogoday, est élu grand khan: cette élection est relatée par le franciscain Jean de Plan Carpin, envoyé en ambassade par le pape Innocent IV chez les Mongols; il meurt en 1248 sans avoir ajouté de nouvelles conquêtes à son empire. Son successeur est Mongka, fils du plus jeune des fils de Gengis Khan et d’une princesse nestorienne; il règne de 1251 à 1259; c’est le plus remarquable des grands khans mongols et l’un des meilleurs princes qui aient régné sur l’Asie centrale; en 1253, il reçoit le franciscain Guillaume de Rubroek, envoyé par Saint Louis à Karakorum auprès du grand khan. Lui succède son frère Khoubilaï, qui conquiert l’Empire des Song (Chine).

Cependant, les autres parties de l’empire de Gengis Khan, échues en héritage à ses trois autres fils, ont formé des khanats autonomes :

La Perse, où Hülegü, frère de Mongka, fonda en 1258 la dynastie des Ilkhans (il-khans, vice rois)

Le khanat kiptchak de la Horde d’or, fondé en 1227 par Batu, fils de Djötchi, le fils aîné de Gengis Khan

Le khanat de Turkestan, échu à Djaghataï, deuxième fils de Gengis Khan, vit se succéder les luttes entre les différents membres de la famille pour l’obtention du pouvoir. Son apogée se situe vers 1300, puis la Transoxiane et le Mogholistan lui échappent vers 1330, pour lui être réunis en 1360 sous Tughluk Temür, auquel s’est allié Tamerlan (ou Timour Lang), chef d’une puissante famille turque de Transoxiane.

carte-mongolie
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Histoire de la Mongolie au XXe siècle

Depuis 1686, la Mongolie payait tribut à la Chine, et le Khutukhtu (Bouddha vivant) d’Ourga reconnaissait la suzeraineté de la dynastie mandchoue. Au cours du esiècle, le pays fut, de la part des Chinois, l’objet d’une véritable entreprise coloniale. Aussi les Mongols profitèrent-ils de la révolution chinoise (1911) pour proclamer leur autonomie, et se mettre sous la protection de la Russie et réclamer leur indépendance (que Pékin reconnaîtra en 1923). La révolution soviétique allait précipiter les choses. La Mongolie fut alors le théâtre de rivalités entre les lamas (partisans du Grand Khutukhtu), les marchands chinois installés dans le pays, des éléments soviétiques infiltrés et des fuyards de l’Armée blanche. L’un d’eux, le maréchal Ungern von Sternberg, Sibérien d’origine prussienne, pénétré de philosophie orientale (il rêvait d’un empire panasiatique), tint Ourga pendant quelque temps avant d’être capturé et fusillé.

L’élément soviétique l’emportant finalement, la Mongolie apporta son soutien à Moscou (1921) et devint une République populaire en 1924. La Mongolie intérieure, qui avait refusé de se séparer de la Chine en 1911, fut, à partir de 1933, sous le contrôle direct des Japonais qui souhaitaient réunifier le pays sous leur égide, à l’instar du Mandchoukouo, projet que la tournure des événements de la guerre 1939-1945 ne leur permit pas de mener à bien. Après la fin de la guerre, la Mongolie se trouva placée au centre de la lutte d’influence entre l’Union soviétique et la Chine, particulièrement aiguë après la rupture sino-soviétique.

Le gouvernement, qui marquait auparavant une ouverture vers Pékin (importance donnée à la langue chinoise dans l’enseignement) se tourna vers l’Union soviétique, avec laquelle se firent la quasi totalité des échanges. Membre de l’ONU depuis 1961, la Mongolie resta un peu à l’écart des soubresauts qui suivirent l’éclatement de l’URSS. Le processus de démocratisation engagé en juillet 1990 avec la tenue des premières élections libres, confirma, dans un premier temps, la suprématie du parti communiste, mais permit à l’opposition démocratique d’entrer à l’Assemblée nationale. Ce changement se manifesta plus clairement par l’adoption d’une nouvelle constitution en 1992 et la victoire de l’Union démocratique (Parti national et Parti social-démocrate) aux élections législatives organisées en juin 1996.

Toutefois, la réélection du président Punsalmaagin Ochirbat lors des premières élections présidentielles au suffrage universel en 1993 et l’arrivée au pouvoir de Natsagiyn Bagabandil, chef du Parti révolutionnaire du peuple mongol (ex-parti communiste) à l’issue des élections du 18 mai 1997, témoignèrent du souhait des électeurs de voir ce processus s’engager plus progressivement.