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John Hinde

John Hinde

John Hinde a marqué l’histoire de la photographie par ses cartes postales aux couleurs saturées et à l’univers surréellement familier. Son amour pour la couleur et la technologie fera de lui un pionnier de la photo couleur en Grande-Bretagne.
Malgré cela, John Hinde fut vite oublié. Qui se souciait du travail d’un photographe de cartes postales ? Il fallut la volonté et l’énergie du photographe anglais Martin Parr pour que John Hinde retrouve la place qu’il mérite dans l’histoire de la photographie. Il a inspiré des photographes contemporains tels Jeff Wall et Andreas Gursky.

John Hinde est né en Angleterre en 1916 et meurt en France en 1998. Il commence sa carrière de photographe dans les années 40. Passionné par la couleur et la technologie, il recourt à une technique innovante pour obtenir des photos aux couleurs saturées et brillantes. Sa technique (chaque couleur est tirée séparément) nécessite plusieurs jours de travail pour une même image. Les photos de John Hinde figurent dans les premiers magazines de photographie couleur de l’époque.

Le monde du cirque l’attire… En 1947, il travaille pour le cirque Ricoh où il rencontre June, une trapéziste qui deviendra sa femme. En 1948, ses clichés seront publiés dans British Circus Life. John Hinde ne peut lutter contre son amour pour cet univers onirique et irréel. Il aime par dessus tout divertir les gens. John abandonne alors son métier de photographe pour s’investir totalement dans la vie du cirque. Il devient le directeur du cirque Ricoh puis des cirques Bertram Mills et Chipperfields. Emporté par son enthousiasme, il décide en 1955 de monter en Irlande son propre cirque : le John Hinde Show. Malheureusement pour lui, les spectateurs ne sont pas au rendez-vous. Après une saison d’échec, il abandonne.

Il reste cependant en Irlande et reprend sa vie de photographe (bien lui en a pris !) En 1956, il crée une entreprise de cartes postales pour diffuser ses clichés. Cette fois, c’est le bon timing ! En effet, l’Irlande s’ouvre au tourisme et ses cartes postales se vendent très bien. Son exigence vis-à-vis de la couleur paye. Pour obtenir ces clichés aux couleurs vives, il ne néglige rien. Ses films sont tirés en Italie et ses photos sont imprimées par des presses sophistiquées. Ses cartes postales faites modestement (John Hinde n’y mettait aucune intention artistique et n’a jamais voulu les considérer comme des photos d’art) mais à la qualité irréprochable remportent un succès incroyable ! Les vacanciers ne résistent pas devant ces images aux couleurs éclatantes, inhabituelles. Les concurrents accusent le coup. La marque de fabrique de John Hinde est née.

 

En 1965, il cesse de photographier et engage trois photographes : deux allemands (Elmar Ludwig et Edmund Nägele) et un anglais David Noble, pour leur très bonnes connaissances techniques. Toujours aussi rigoureux, Hinde leur enseigne ce qu’il attend d’une bonne carte postale. Il ne cherche pas à reproduire la réalité dans ses photos, surtout pas. Son idée principale est de créer un monde un peu irréel, plus beau que la vie elle-même ! Les vacanciers doivent repartir avec une image idéalisée de ce qu’ils ont vu. Pour cela, John Hinde embellit la réalité, la modifie que ce soit par une certaine mise en scène de l’espace à photographier ou bien par l’intensification des couleurs au moment du tirage.

 

Mes yeux s’attardaient toujours dessus… Plus je regardais les vacanciers, la pièce où ils étaient, plus je pensais à la série « La quatrième dimension ».Je commençais à rire en observant ces gens qui semblaient las pour la plupart. D’ailleurs deux femmes avaient déjà sombré dans le sommeil… J’ai alors voulu voir plus de photos de ces clubs et je n’ai pas été déçue. Si vous avez envie de vous plonger dans un monde hors-temps ou d’éprouver un sentiment d’inquiétante étrangeté tellement angoissant qu’on finit par en rire, alors je vous conseille vivement de jeter un œil sur les cartes postales Butlin. Vous allez découvrir des lieux étonnants comme le Beachcomber Bar. Un bar à l’ambiance hawaïenne avec palmiers et volcan. Un bruit d’orage était diffusé toutes les heures !

 

Les clubs Butlin font désormais partie de la culture et du folklore anglais. Tout le monde se souvient :

  • des « redcoats » (nom donné aux animateurs parce qu’ils portaient un blazer rouge),
  • des concours de genoux cagneux ou de la mamie la plus glamour,
  • des courses en sac,
  • du célèbre hi-de-hi emprunté au scat de la chanson Minnie the Moocher de Cab Calloway qui revenait comme une rengaine. Les vacanciers répondaient au « hi-de-hi » prononcé par les redcoats par un « ho-de-ho ». C’est l’équivalent du fameux « Bonjour chez vous » du « Prisonnier ».

Cette expression est restée dans les mémoires puisqu’une sitcom, la série Hi-de-hi a vu le jour sur la BBC en 1980. L’histoire se situe à la fin des années cinquante. On suit les aventures du camp de vacances imaginaire Maplin et la vie de ses animateurs les « Yellowcoats ». Co-écrite par Jimmy Perry, un ancien « redcoat » de chez Butlin, la série fit un tabac en Angleterre.

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One comment

  1. Je vous recommande Butlins Memories. Ce site présente de nombreuses cartes postales de Butlin ainsi que l’historique de ces clubs de vacances anglais

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