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Ville de Aigues Mortes

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Située dans le Gard, la ville d’Aigues Mortes prend son essor rapidement au cours de son histoire grâce à son port. Après le début des travaux en 1241, la cité fut dotée d’une charte consulaire (1246), qui lui accordait des franchises étendues afin d’attirer marchands, marins et commerçants du Languedoc, de Provence, de Gênes et de Catalogne.

Histoire de la ville d’Aigues Mortes

Sous l’impulsion des Génois, qui fournirent bateaux et équipages pour la croisade, le port de la ville d’Aigues Mortes connut un essor rapide. Il devint une étape importante sur les routes maritimes reliant Gênes, Montpellier et Barcelone, une sorte d’entrepôt international pour le commerce avec la Syrie et les autres pays du Levant et une base d’échange sur la route des foires de Champagne.

Sous l’impulsion de Philippe le Hardi, Aigues-Mortes prit le contrôle de tout le trafic côtier, s’imposant comme la rivale de Montpellier, alors placée sous l’autorité de la couronne d’Aragon. Une taxe d’un denier par livre fut prélevée sur les marchandises, ce qui fit la fortune du mouillage des Eaux-Mortes et servit à financer la construction de l’enceinte (1272-1300). Le commerce des épices, des draps, des toiles, de la soie, et des grains portait approximativement sur 1 500 000 livres tournois par an. La prospérité se prolongea jusqu’aux premières années du XIVe siècle pour s’achever vers 1320: mauvaises récoltes, ensablement et incursions des Barbaresques provoquèrent alors le déclin du port.

Aigues-Mortes - Remparts
Aigues-Mortes – Remparts

Les aménagements portuaires à Aigues-Mortes

Aigues-Mortes était constitué de deux ports – le port maritime de mouillage en lagune, le port intérieur situé à quelque 2 km de la cité, au sud de l’étang de la Ville – et de canaux (la Radelle et le Bourgidou), reliés entre eux par des navettes. L’ensemble était placé sous la protection et la surveillance de la tour de Constance, à la fois phare et vigie. Vers le début du XVe siècle, le port intérieur fut transféré plus près de la ville, et le chenal du Grau-de-la-Croisette, creusé. En 1725 fut ouvert le chenal du Grau-du-Roi (5,5 km). Le port actuel, situé au pied des remparts, date, lui, du XIXe siècle.

Malgré les travaux et la protection des rois de France soucieux de conserver leur base maritime, malgré le retour temporaire des Génois à la fin du XIVe siècle et le passage éclair de Jacques Cœur qui y attacha sa flotte pour un temps, le port ne retrouva jamais sa prospérité du XIIIe siècle et ne cessa de décliner. Le rattachement de Marseille et de la Provence à la France (1481), la création de Sète, en 1666, entraînèrent sa ruine définitive.

Aigues-Mortes connut également la peste, le choléra et les fièvres paludéennes, dus aux désastres climatiques, aux mauvaises récoltes et à l’insalubrité grandissante des marais mal entretenus.

Les guerres de Religion

La ville, qui était depuis 1576 l’une des huit places de sécurité accordées aux calvinistes, fut le théâtre de nombreux affrontements entre les habitants catholiques et la garnison protestante. Celle-ci obtint la charge de la ville, la tour Carbonnière et le fort de Peccais en 1597, renforçant ainsi sa présence et son pouvoir. La période huguenote s’acheva avec le siège de la ville par Louis XIII (1622) et la signature de la paix d’Alais, en 1629. S’ouvrit alors un demi-siècle de cohabitation forcée entre papistes et huguenots, surtout marqué par l’installation des pénitents blancs (1623) et des capucins (1624).

Par ailleurs, avec le transfert depuis Nîmes du siège des Gabelles (1541), Aigues-Mortes devint la ville du sel.

La forteresse-prison

Dès 1686, des protestants furent emprisonnés dans la tour de Constance, où Philippe le Bel avait déjà fait enfermer les Templiers (1307). Charles d’Artois puis le duc Jean II d’Alençon y avaient également été incarcérés pour trahison. Abraham Mazel, prédicant et chef camisard, enfermé en 1705, réussit une spectaculaire évasion avec seize de ses compagnons.

À partir de 1715, la tour devint une prison pour femmes, aux conditions de détention particulièrement difficiles. Marie Durand, sœur d’un ministre du Vivarais, arrêtée en 1730, alors qu’elle était encore adolescente, y fut emprisonnée. Elle ne fut libérée qu’au terme de 38 ans de captivité, par le prince de Beauvau, gouverneur du Languedoc.

La ville Aigues-Mortes au XIXe siècle

Au XIXe siècle, Aigues Mortes, redécouverte par les médiévistes et les romantiques, séduisit Chateaubriand et Mérimée, inspira des écrivains, des dessinateurs et des peintres, comme Frédéric Bazille. Par ailleurs, la ville retrouva sa vocation maritime, du fait de la réalisation de travaux de dragage, d’élargissement et de rectification du port et du chenal maritime (1835-1845).

En 1850, le port abritait 300 bateaux, dont une cinquantaine faisaient du commerce. Ceux-ci déchargaient liège et poissons salés d’Espagne, agrumes des Baléares, huiles, riz, maïs et futailles d’Italie et repartaient avec des bois, des tissus, du vin, des eaux-de-vie et surtout du sel. Un vapeur assurait la liaison avec Marseille en huit heures. Mais, ce bref essor fut interrompu par la construction du chemin de fer, qui fit d’Aigues-Mortes une simple étape sur le canal du Rhône à Sète, et la base de départ d’une navigation de plaisance en péniche sur les canaux.

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