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Rangiroa. Osmose du ciel, du lagon et de la mer

Rangiroa

Dans sa forme de baleine, Rangiroa est un des plus grands atolls du monde avec 1640 km2 de superficie. Son lagon long de 78 km qui s’étire du Nord Ouest au Sud Est pourrait contenir l’île entière de Tahiti.

Découvrir Rangiroa sur la terre et sous la mer

Quand ils arrivèrent sur Rangiroa dans les années 1850, soit presque 240 ans après que l’atoll ait été découvert par Le Maire et Schoutten en 1616, ils incitèrent la population à exploiter les cocotiers et leurs noix. Dans chacun des 4 secteurs, un véritable village avec une église et des maisons en blocs de corail fut construit. Des vestiges de cette période subsistent sur la couronne récifale, mais ils sont désormais envahis par la végétation. Ils restent le témoignage d’une époque révolue où toute la vie s’organisait autour du travail du coprah.

Puis, après la seconde guerre mondiale, le développement économique de l’île modifia les modes de vie, que l’évangélisation en 1865 avait certes déjà fortement perturbés. La construction en 1965 de la piste d’aviation de 2100 mètres de long permit à Rangiroa de s’ouvrir au tourisme. Et ce dernier devint de plus en plus “bleu”. A l’heure actuelle, c’est bien la plongée sous-marine qui attire les nombreux visiteurs de l’atoll.

En effet, la plongée à Rangiroa dans les passes sont légères. Par légèreté, il faut comprendre la capacité à se laisser porter par le courant comme si l’on était aux commandes d’un planeur. Ne plus palmer, telle est la règle, et suivre le mouvement tout en observant la faune sous-marine riche et surprenante de Polynésie. Les sources d’émerveillement semblent alors être inépuisables sous la surface de l’eau. Dans un tel contexte, oublier toute la bêtise humaine et toute la laideur des grandes villes polluées ne demande aucun effort.

Sous la surface, le Grand bleu

Dans les eaux de Rangiroa, il y a des centaines de poissons à découvrir, des centaines de coraux à admirer, des centaines d’occasions de sourire et donc autant de raisons de considérer le monde sous un jour acceptable. Le Raie Manta Club fut le premier club de plongée à s’installer sur l’atoll en 1985. Depuis, il a été rejoint par d’autres centres qui sortent en mer plusieurs fois par jour, toute l’année.

Sur la surface, le lagon bleu

Poser un regard émerveillé sur la terre : le “lagon bleu” situé au Sud de l’atoll sur le site de Teao nous y invite. La rencontre est hypnotique. Et l’hypnose apparaît au moment où l’on ne sait plus si l’on doit s’abandonner à la vision paradisiaque du lieu ou s’étonner de sa géographie surprenante, à savoir ce petit lagon, teao, au coeur de l’immense lagon de Rangiroa. Cet abandon intervient assez vite, et il est inutile de résister.

Le lagon bleu, lui, il prend son temps. On dirait même qu’il nous observe, lisant dans nos regards hypnotisés, une admiration inexorable . Pris au piège de sa beauté ? Oui, nous le sommes tous, cela ne fait aucun doute. Et au fur et à mesure que le soleil monte dans le ciel, l’émerveillement grandit, sans fin, sans retenue. C’en est presque saoulant, c’en est presque trop beau, trop bleu… On ne sait plus du reste si ce que l’on vit est de l’ordre du rêve ou de la réalité. Les paysages se passent de commentaires. Aucun mot, aussi puissant soit-il, ne pourrait décrire avec justesse la magnificence du site.

Tiputa - Passe de Rangiroa
Tiputa – Passe de Rangiroa

Dans cet Eden, l’on prend conscience de la longueur du jour, car quand il est l’heure de partir, personne ne se précipite à bord du poti marara. C’est déjà bientôt fini ? Dans les cocotiers, les vini, nom qu’ont donné les Paumotu à une perruche bleue foncée aux pâtes oranges que l’on ne trouve que dans trois atolls polynésiens, chantent et virevoltent avec les sternes blanches, les sternes noires, les fous et les frégates. Tous ces oiseaux viennent de “l’îlot aux oiseaux“, un des motu qui se trouve sur le pourtour du “lagon bleu”. Sont-ils seulement conscients qu’ils participent à l’effet hypnotique des lieux, que sans leur danse au-dessus de la surface limpide du lagon, Teao ne serait pas ce qu’il est ?

Les moteurs du bateau sonnent la fin du rêve. Le retour à la réalité s’impose, et le voyage vers la marina d’Avatoru se fait dans le silence.

Sur terre, les deux villages

Deux villages, Tiputa et Avatoru, concentrent la majeure partie de la population dans le nord de l’atoll. Ils sont situés de part et d’autre d’un immense motu de plus de 10 kms de long encadré par deux passes qui portent les mêmes noms. Jadis, Rangiroa, dont le nom d’origine est Vavaunui, qui signifie “tout ce qu’on dit est sacré“, était divisé en quatre secteurs. Les habitants travaillaient alors le coprah, (noix de coco séchée) par périodes définies, et voyageaient ainsi d’une zone à une autre. Ce sont les missionnaires qui développèrent les plantations de cocotier.

Et la nuit, toujours le ciel…

A la tombée du jour, les parfums subtils des fleurs des arbres kahaia se mêlent aux odeurs lourdes et moites qui remontent de la terre, et que les légères gouttes de pluie semblent avoir réveillées. Sur son récif, face à l’océan, le pêcheur à la ligne retourne tranquillement vers son fare. A son approche, les oiseaux de mer s’enfuient et survolent la plateforme corallienne aux couleurs ocre que le soleil couchant réchauffe davantage. Dans ce crépuscule, il y a une force primitive et élémentaire qui émane de tout, du corail, du récif, des vagues, des arbres, des cocotiers…

La vie capturée sur ce bout de terre reste là, tout entière absorbée dans un monde à fleur d’eau, dans un monde horizontal où le ciel, toujours ce ciel, prend une place infinie, même la nuit, car c’est bien sur sa robe de velours noir que les étoiles viennent s’accrocher pour nous faire lever les yeux au ciel. Autant dire que Rangiroa, de son vrai nom Rairoa, qui signifie « ciel immense », porte bien son nom.

Lagon de Rangiroa
Lagon de Rangiroa

Les Passes de Rangiroa : ouvertures au sein du récif

Rangiroa possède quatre passes. Les deux plus importantes et les deux plus larges sont celles de Tiputa et Avatoru au nord de l’atoll. Sur la côte Ouest, il en existe deux autres, moins connues et que seuls les piroguiers à bord de leur minces embarcations peuvent traverser. Ce sont Tivaru et Teavatia. Marcel, qui organise des excursions au Lagon Bleu, se souvient des paroles de son grand-père. Celui-ci lui confia que jadis, avant les grandes tempêtes cycloniques de 1906, la passe de Tivaru était large.

Les goélettes pouvaient même la traverser. Mais les déferlantes semblent avoir condamné le passage avec des blocs de coraux propulsés du platier récifal, par la force des éléments. Non loin de Tivaru se trouvent d’ailleurs, cachés dans la brousse, des marae et les vestiges d’un ancien village. Preuve est fait que la passe attirait alors les habitants de l’île.

La dérive de la passe de Tiputa

Que ceux et celles qui ne savent pas plonger en bouteilles ne désespèrent pas de vivre une “dérive” dans la passe de Tiputa. L’excursion à “L’ilet aux récifs” se termine toujours par un passage à Tiputa. Sachez aussi des excursions spéciales sont organisées à Tiputa pour y observer les grands dauphins. Les plus chanceux pourront nager avec ces derniers qui s’amusent souvent dans le courant et les vagues du chenal.

carte de Rangiroa
carte de Rangiroa
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