La Wallonie

La Wallonie

La Wallonie s’articule le long d’un axe ouest-est, s’étendant de Tournai à Eupen, le long des vallées de la Haine, de la Sambre, de la Meuse et de la Vesdre et correspondant aux principales zones industrielles développées au XIXe siècle en Belgique, notamment autour de Charleroi et de Liège. Cette région Wallonne regroupe les secteurs industriels traditionnels centrés sur la métallurgie, l’électronique et la chimie et c’est aussi le principal axe d’urbanisation regroupant toutes les grandes villes.

Les Plateaux de la Wallonie

Outre les bas plateaux limoneux, la Wallonie compte :

Le plateau du Condroz

Le plateau du Condroz se développe au sud du sillon Sambre-Meuse et s’élève progressivement de 200 à 350 m. La présence de limon y est fréquente mais en nappes discontinues. Cette région de Belgique  se caractérise surtout par une alternance de bombements gréseux, ou «tiges», et de dépressions calcaires ou «chavées»; des petits massifs de feuillus voisinent avec des terroirs agricoles où l’on rencontre de riches domaines avec châteaux et grosses fermes, et les vallées de la Meuse et de l’Ourthe y constituent des zones touristiques très fréquentées.

Le plateau de Herve

Dans l’Entre-Vesdre-et-Meuse se développe le plateau de Herve; des sols argileux y recouvrent de la chaux et des marnes, le tout favorable aux herbages et, jadis, aux vergers hautes tiges.

Fagne-Famenne

Entre le Condroz et l’Ardenne s’étale une longue dépression argilo-schisteuse dénommée Fagne-Famenne; malgré une altitude relativement faible, inférieure à 300 m, c’est une des plus mauvaises régions agricoles du pays: des prairies et quelques forêts dans la partie nord et presque uniquement des forêts et des terres de cultures sur sols argileux de décalcification dans la partie sud constituée d’une bande à calcaire, ou Calestienne, qui renferme les plus belles grottes du pays (Han-sur-Lesse, Rochefort, Remouchamps…).

L’Ardenne

Au sud, l’Ardenne est la plus vaste région du pays; elle est faite d’un ensemble de hautes surfaces de plus de 500 m, au climat plutôt rude, aux sols souvent médiocres et isolées les unes des autres par des vallées profondes. Elle est constituée de plusieurs sous-régions: les Hautes Fagnes (avec le signal de Botrange: 694 m), la retombée septentrionale, l’Ardenne centrale traversée par les vallées de la Lesse, de l’Ourthe et de la Sûre, la retombée méridionale sillonnée par la Semois, puis l’Ardenne occidentale à l’ouest de la Meuse.

L’Ardenne est d’abord une vaste étendue forestière (des hêtres lorsqu’il s’agit de forêts «naturelles» et des épicéas dans le cas contraire) mais c’est aussi un ensemble de clairières agricoles sur les replats et dans les vallées; par ailleurs, sur les sols humides des hauts plateaux se sont développées des landes et des tourbières.

La Lorraine belge

Au sud s’étale la Lorraine belge. Le relief y est fait d’une suite de trois côtes, ou cuestas (sur des grès ou des calcaires), et de dépressions (sur des marnes ou des schistes) allongées d’ouest en est. C’est une région aux altitudes plutôt faibles, entre 300 et 450 m, et au climat souvent plus favorable qu’ailleurs en Belgique, notamment sur le versant méridional de la troisième cuesta.

La Wallonie picarde
La Wallonie picarde

Histoire de la Wallonie

Le mot «Wallonie» fut employé pour la première fois en 1844, alors que naissait en Flandre le mouvement flamand; repris à la fin du XIXe siècle par le poète Albert Mockel, il accompagnera le développement du mouvement wallon, d’abord soucieux de défendre la langue et la culture françaises, puis de plus en plus sensible aux questions économiques, et dont certains membres, tel le socialiste Jules Destrée, dès 1912, pensent à la séparation de la Wallonie et de la Flandre.

La Seconde Guerre mondiale, la «question royale» (départ ou non du roi Léopold III), les grandes grèves de l’hiver 1960 exacerbèrent les tensions communautaires et aboutirent à la réforme des institutions en 1970, qui virent la reconnaissance de Communautés (résultat d’une revendication flamande) et de Régions (revendication wallonne). Si les Communautés furent organisées immédiatement, les Régions, en revanche, n’obtinrent leur autonomie qu’en 1980, en raison des difficultés rencontrées pour fixer le statut de la région de Bruxelles, avant de voir leurs compétences élargies en 1988.

Le wallon

Le dialecte wallon, issu du roman, acquiert son caractère propre dès le XIIe siècle. Il offre des ressemblances avec certains patois français – picard, champenois ou lorrain – dérivés comme lui de l’ancienne langue d’oïl. Il est surtout caractérisé par des intonations assez dures et de fortes aspirations; il présente des archaïsmes dans sa grammaire et son vocabulaire (nombreux traits latins) et de multiples emprunts germaniques. On le parle dans les provinces du Hainaut, de Namur et de Liège. Au XVIIIe siècle, parmi les ouvrages écrits dans ce dialecte, se distinguent les chansons de Mousset, dit Hazert, les opéras de Cartier et de Fabry.

Après 1856, la fondation de la Société de littérature wallonne favorisa la multiplication de poètes (Defrecheux, Du Vivier, Velez), chansonniers (Chaumont, Wérott) et auteurs dramatiques (Remouchamps, Dufranc). Au XXe siècle, Henri Simon publia des poèmes, Renkin, Raveline, Le Jeune, des contes et des nouvelles, Hurard, Déom et Trokart, des pièces de théâtre.

Si le français de Belgique conserve de nombreux particularismes (septante, nonante), la Wallonie a donné naissance à deux des plus grands grammairiens de la langue française, Maurice Grevisse et Georges Hanse, et à des écrivains majeurs comme Henri Michaux ou Georges Simenon.

 

Économie en Wallonie

Les densités de la population et des activités en Wallonie sont faibles, exception faite de l’ouest du Brabant wallon dans la mouvance de Bruxelles et de la région d’Arlon-Athus, en contact étroit avec le grand-duché de Luxembourg et la France, et également espace traditionnellement industriel.

Apparaît de la sorte un deuxième axe d’articulation de l’espace wallon, allant de Bruxelles à Arlon via Namur, moins fort que le sillon Sambre-Meuse, mais en développement. Frappée de plein fouet par les crises industrielles récentes (fermeture des charbonnages, restructuration de la sidérurgie…), la Région a entrepris un long effort de conversion tant de ses activités que de ses territoires (nombreuses friches) et de sa population (en termes de formation notamment).

Dans le Brabant wallon, l’industrie est plus diversifiée et, au sud-est, a été créé un Pôle européen de développement (PED) en collaboration avec la France et le grand-duché de Luxembourg.

Un des atouts essentiels de la Wallonie est sa situation géographique, au centre du quadrilatère Nord-Pas-de-Calais – Randstad Holland – Ruhr – Lorraine; elle constitue, dès lors, un lieu de passage obligé pour les diverses relations de trafic entre ces régions, d’autant que son système de transport est particulièrement bien adapté aux conditions actuelles du marché: un réseau autoroutier composé d’axes est-ouest et nord-sud, un réseau ferroviaire plus ou moins parallèle au réseau autoroutier et fait de lignes électrifiées, un réseau de voies navigables axé sur l’axe Sambre-Meuse interconnecté au canal Albert, au canal Anvers-Bruxelles-Charleroi et à l’Escaut, et des aéroports, Brussels South Charleroi Airport et Liège-Bierset, en expansion.

Les autres atouts de la région Wallone

La Wallonie est aussi une zone agricole importante où l’industrie agroalimentaire utilise des techniques novatrices – une race de bœufs y a été créée, le blanc bleu belge. Elle bénéficie également d’autres atouts : des richesses naturelles comme l’eau, la forêt, surtout en Ardenne, de nombreuses carrières (schiste, grès, calcaire, dolomie, porphyre…), un environnement souvent vert, un potentiel touristique : villes historiques, patrimoine architectural (abbayes, églises, châteaux…), sites naturels nombreux et variés, festivals historiques, carnavals (Binche, Malmédy et Stavelot) et manifestations folkloriques. Particulièrement riche, le folklore wallon est réputé pour ses marionnettes (le Tchantchès à Liège et le Woltje, c’est à dire «Petit Wallon», du théâtre de Toone de Bruxelles), pour ses processions (les géants d’Ath, le Doudou de Mons) pour ses marches de soldats de l’Empire (Entre-Sambre–et-Meuse).

Mais, malgré ces atouts, le taux de chômage reste particulièrement élevé et les niveaux de vie bas. D’une façon générale, la Wallonie, avec des industries qui ont fait autrefois la fortune du royaume, mais qui sont devenues obsolètes, est la région de Belgique la plus affectée par la crise. Le vieillissement de la population wallonne (qui s’accroît moins vite que la population flamande) ne fait qu’aggraver la situation.

 

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