Monastère

monastère

L’art roman se retrouve dans un monastère, mais il est d’abord un art des moines.Ce sont eux en effet, grâce à l’afflux des donations pieuses vers leurs communautés, qui reprirent le flambeau de l’architecture sacrée lorsque l’art impérial disparut avec l’installation de la féodalité.

Histoire du monastère

Le monastère semble insignifiant à côté des grandes abbatiales. Pourtant, quantités d’églises prieurales, mais aussi des collégiales tenues par des chapitres de chanoines, témoignent de l’apport de l’art Roman dans les monastères de France. Les bâtiments où vivaient les communautés, lorsqu’ils sont conservés, mènent à la découverte de cette vie conventuelle qui séduisit tant les hommes des siècles romans.

Le moine, étymologiquement, est celui qui vit seul.

Le retrait du monde s’est en effet d’abord manifesté sous la forme de l’érémitisme, qui continuera d’être pratiqué, de façon marginale, tout au long du Moyen Age. Cependant, parce que ces ermites (anachorètes) attiraient des disciples, parce qu’aussi la vie en groupe était plus simple, moins dangereuse, la pratique communautaire (cénobitisme) de l’isolement monastique s’imposa rapidement (la règle bénédictine, celle de saint Benoît de Nursie, date du VIe siècle).

Les bâtiments conventuels permettent de saisir de façon concrète le mode de vie communautaire dans un monastère, qui a été celui de millions d’hommes et de femmes au cours du Moyen Age. L’architecture monastique est en effet le reflet de la règle (bénédictine ou autre), à laquelle moines et chanoines faisaient voeu d’obéissance. Dans la salle capitulaire, lieu de réunion du chapitre, les articles de cette règle étaient régulièrement relus à l’assemblée. Là où elle est conservée (Artonne dans le Puy-de-Dôme, Aubazine en Corrèze, Catus dans le Lot), cette salle est parfois ornée de chapiteaux historiés (Marcilhac-sur-Célé, Lot), qui illustrent fréquemment certains aspects de la vie communautaire et régulière.

Salle Capitulaire
Salle Capitulaire

La salle capitulaire est un lieu de réunion d’un chapitre, c’est-à-dire des membres d’une communauté religieuse dite régulière, parce qu’elle vit selon une règle. Il peut s’agir d’un chapitre monastique (moines d’une abbaye) ou canonial (communauté de chanoines réguliers, desservant une cathédrale ou une collégiale).

Les moines faisaient également vœu de stabilité, c’est-à-dire qu’ils s’engageaient à demeurer dans le même monastère jusqu’à leur mort. Leur vie s’y déroulaient entre l’église, le cloître, le réfectoire où ils prenaient leurs repas en écoutant des lectures et le dortoir. Ce dernier était généralement situé contre le sanctuaire, pour faciliter les liturgies nocturnes. Le voeu de piété des moines était organisé par la règle, qui fixait, saison par saison, le rythme des prières.

Monastère orthodoxe
Monastère orthodoxe

Le cloître

Ouvert sur le ciel mais retranché du monde, le cloître (du latin claustrum : clôture) est un espace de circulation entre les divers bâtiments monastiques, ainsi qu’un lieu de promenade et de méditation. Carré ou rectangulaire, il est constitué de quatre galeries voûtées ou charpentées, qui s’appuient sur des piles ou des colonnettes et s’ouvrent sur un jardin, souvent muni d’un bassin. La symbolique y est particulièrement riche.

Son plan quadrangulaire, qui évoque les quatre points cardinaux, les quatre éléments du cosmos, le rattache à la terre, à la nature, c’est-à-dire à la Création dont la contemplation, au cours des promenades méditatives, rapproche du Créateur. Mais parce qu’il est isolé, séparé du monde corrompu des hommes, ce jardin est aussi une image du paradis terrestre. La tentation peut s’y manifester : parmi les motifs végétaux ornant la galerie sculptée, s’insinuent parfois des chapiteaux représentant les puissances du Mal (à Lavaudieu par exemple), qui exhortent les clercs à poursuivre sans faiblesse leur combat spirituel.

Emblème de la vie monastique, le cloître n’était pourtant pas l’apanage des seuls moines. Depuis le haut Moyen Age, le modèle de la vie religieuse en communauté, régie par une règle, s’était en effet diffusé dans d’autres parties du clergé, notamment parmi les chanoines des églises cathédrales. Ces communautés de chanoines réguliers, cathédraux ou collégiaux, disposaient également d’un cloître (le cloître roman du Puy-en-Velay était ainsi celui du chapitre de chanoines qui desservait la cathédrale).

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