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Art et Culture
Art et Culture

Culture et Art

On associe souvent les notions d’art et de culture, ce qui est justifié si l’on comprend la culture dans un sens très large, comme toute activité et comportement, créés, transmis ou transformés par l’homme. La culture ainsi définie s’oppose à la nature.

la culture
la culture

Qu’est-ce que l’art et qu’est-ce que la culture ?

Ce qui distingue les deux notions, nature et culture, est la détermination de ce qui est « fabriqué » et de ce qui ne l’est pas. On peut donc considérer les productions artistiques telles que la peinture, la sculpture, la littérature, la musique ou l’architecture comme des manifestations de la culture, car elles sont « fabriquées ».

Elles sont donc à la fois art et culture

Mais la superposition des deux notions est déjà plus problématique si l’on attribue à la notion de culture un sens bien particulier, comme dans les expressions « être cultivé » ou « n’avoir aucune culture« . On comprend qu’il est ici question de styles de vie ou de modes de comportement spécifiques, évalués à partir de normes ou de conceptions propres à une civilisation (par exemple une culture culinaire). Cette notion de culture ne recouvre donc pas tout ce qui est « fabriqué », mais désigne tout ce qui a toujours été considéré par la société comme ce qui est le mieux pour elle. Si l’on place l’art et la culture sur le même plan, alors l’art devrait pouvoir être soumis aux mêmes critères qualitatifs. Or il est impossible de définir de critère qualitatif homogène pour l’art, même à l’intérieur d’un petit groupe de personnes. Ainsi les adeptes du romantisme n’apprécieront pas les paysages urbains expressionnistes, pas plus que la musique dodécaphonique ne sera du goût des inconditionnels de Mozart.

Par ailleurs, tout ce qui est considéré comme culturel n’est pas forcément artistique. En effet, le fait de savoir se servir avec distinction d’un couteau et d’une fourchette constitue une norme culturelle, mais ne peut être considéré comme une forme d’art. De même le dernier modèle d’une automobile est l’expression du niveau de développement culturel et technologique d’une société, mais ne fait pas pour autant de son concepteur un artiste ou de son propriétaire un amateur d’art.

On voit bien que l’art et la culture sont en principe deux notions distinctes qui requièrent chacune leurs propres critères d’évaluation mais qui se recoupent parfois. Ainsi la tour Eiffel et la cathédrale de Cologne sont des réalisations architecturales qui reflètent à la fois un certain niveau de développement culturel et un haut degré de technicité artistique.

Baalbek - temple de Jupiter
Baalbek – temple de Jupiter

La notion d’art

De même qu’il est nécessaire de faire une distinction entre art et culture, la définition de la notion d’art requiert une différenciation préalable. On parle couramment d’art de la table, ou d’art militaire, et l’on désigne alors un savoir-faire.

Dans ce sens, la notion d’art désigne une aptitude basée sur l’acquisition des connaissances et d’une pratique

Or l’activité artistique n’est pas uniquement la maîtrise parfaite d’une technique en vue d’obtenir un résultat utile, ainsi ni le Penseur de Rodin n’est « nécessaire » au développement d’une société, ni les décorations en saillie ornant le temple de Jupiter à Baalbek. Pourtant on confère à ces manifestations artistiques une valeur sociale particulière, car il est reconnu que certaines productions artistiques traduisent des faits, des impressions et des émotions que ne peuvent transmettre aucune autre forme de communication. On peut décrire les sensations d’une nuit de pleine lune avec toute la méticulosité scientifique possible, et les rendre compréhensibles pour le lecteur, celui-ci ne pourra pourtant pas les « ressentir » comme à la lecture d’un poème.

L’expression artistique peut se définir comme le besoin éprouvé par l’homme d’adopter vis-à-vis du monde qui l’entoure une approche globale, de comprendre ce monde et d’agir sur lui avec des moyens qui ne sont pas ceux de son quotidien. C’est pourquoi les oeuvres d’art sont des éléments fondamentaux de la communication humaine et s’adressent notamment aux sensations, aux conceptions intimes et aux associations d’idées des auditeurs ou des spectateurs. L’expression artistique ne représente pas forcément les choses telles qu’elles sont, ainsi la compréhension passe par le langage symbolique de l’art et la possibilité de faire appel à des « images » qui sont peut-être déjà présentes dans l’esprit du public ou d’en créer de nouvelles.

On voit ici que l’art ne se contente pas de confirmer la réalité par une évocation recherchée d’objets existants ou par l’expression d’opinions et de normes présentes dans la société, mais possède au contraire la capacité de remettre en question ou de critiquer cette réalité. Ainsi, le théâtre naturaliste évoque l’injustice sociale, le surréalisme cherchant davantage à exprimer l’inconscient de l’existence humaine. C’est pourquoi l’art possède toujours une fonction d’innovation dans la société, son rôle étant de proposer des alternatives à la tradition ou aux acquis souvent normatifs d’une société.

Cette multiplicité des fonctions de l’art montre clairement qu’il est impossible de donner une définition universelle de l’art et ce pour trois raisons  :

  • La première est que la valeur de l’art et le jugement qu’on porte sur lui dépendent de critères et de modes de pensée propres à une époque
  • La seconde est que les prises de position de l’artiste et son environnement social déterminent eux aussi la valeur de son oeuvre.

Enfin, il faut tenir compte non seulement des goûts de la société d’une époque, mais aussi de la vision de l’individu, modelée par son éducation, sa formation, sa position sociale, autant d’éléments qui déterminent sa relation à l’art. Cependant, cette impossibilité de définir l’art ne signifie pas qu’il faille renoncer à tout discours spécialisé ou critique sur l’art. Il faut au contraire chercher à élaborer une définition, sinon universelle, du moins cohérente, qui rende compte de la qualité et des fonctions de la production artistique.

histoire de l'art
histoire de l’art

Histoire de l’Art

L’activité artistique de l’homme remonte à la Préhistoire avec les peintures rupestres. Les figures géométriques les plus simples témoignent déjà de la volonté, motivée par des préoccupations religieuses et rituelles, de saisir sous une forme symbolique l’expérience et les conceptions humaines. Ainsi en Egypte, la première fonction de l’art est d’assurer par magie la bonne marche de l’univers.

Grèce Antique
Grèce Antique

La Grèce antique

C’est dans la Grèce antique que l’on désigne des individus comme artistes et que l’on trouve les premières réflexions sur la technique et la fonction de l’art. A cette époque, deux conceptions de la fonction artistique fondent deux traditions qui prédomineront jusqu’à l’époque moderne.

La première de ces orientations est donnée par Platon dans La République où il définit l’artiste comme un « menteur » qui simule une réalité non existante. Toutefois, il concède à l’art une certaine utilité, en tant qu’exercice de l’esprit. Pour Platon, l’art prend racine dans le domaine transcendantal des idées, et a une fonction éthique et morale d’éducation du public. Cette conception, selon laquelle l’art serait l’ultime forme de la connaissance humaine, a dominé l’idéalisme de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe.

L’objectif de l’art est donc de laisser transparaître ou d’évoquer l’universel à travers l’oeuvre individuelle.

Le deuxième grand courant de l’Antiquité est toute autre. Dans La Poétique, Aristote souligne qu’une oeuvre d’art doit représenter une situation réelle (par exemple, dans une représentation théâtrale), non pour évoquer chez le spectateur un idéal, mais au contraire pour le confronter à l’imperfection de sa propre situation. Cette conception réaliste est reprise principalement au XIXe siècle et dans les courants axés sur la connaissance et le perfectionnement de soi (par exemple, dans le réalisme socialiste).

Illustration du Moyen- Age
Illustration du Moyen- Age

Le Moyen Age

Au Moyen Age, ces deux conceptions perdurent. Au centre de la conception de l’époque on trouve l’idée que l’artiste doit en quelque sorte immortaliser la création divine en transmettant une oeuvre qui lui survit. Ainsi, la contemplation des oeuvres d’art peut être considérée comme un moyen d’accéder au cosmos divin. Une pensée caractéristique de l’époque est que toute production artistique (par exemple, l’architecture gothique) trouve sa légitimité dans le christianisme.

Vitraux de la Cathédrale de Chartres
Vitraux de la Cathédrale de Chartres

La satisfaction du spectateur ne peut être inspirée que par ce qui est beau et tout ce qui est beau est inspiré par le divin ou par la religion. Inversement, tout ce qui est laid est inspiré par le Malin. Cette mise en relation étroite entre le bien moral et l’art correspond jusqu’à aujourd’hui à une culture du sacré.

La Renaissance

L’approche de la Renaissance est radicalement différente. En mettant en avant le séculier, cette époque façonne la conception moderne de l’art. La perfection de l’art réside désormais dans l’habileté de l’artiste à reproduire exactement la nature, par exemple, l’anatomie humaine. La compétence technique et le savoir-faire de l’artiste (par exemple, la connaissance technique de la perspective) ainsi que son imagination constituent les éléments centraux de cette nouvelle conception.

L’artiste se trouve lui-même au centre de la réflexion sur l’art

On lui concède une pensée subjective et une expérience personnelle qui déterminent sa création. Le culte du génie au XIXe siècle et l’approche psychologique de l’art au XXe siècle prennent racine dans cette vision.

Le Moïse de Michel-Ange
Le Moïse de Michel-Ange

Le XVIIIe siècle

La notion d’art est développée au XVIIIe par le philosophe des Lumières, Emmanuel Kant. Il donne à l’art une nouvelle dimension.

L’objet d’art doit être considéré de façon totalement désintéressée et dans une approche exclusivement esthétique.

Dans cette optique, Kant crée la notion de « plaisir désintéressé » que doit provoquer une oeuvre d’art. Le choix de l’objet et son mode de représentation déterminent l’effet produit par l’oeuvre. Ainsi, l’oeuvre d’art n’a plus d’autre fonction que d’être belle. On annule ainsi toute règle objective de bon goût et tout objectif culturel. Kant ouvre donc la voie à une compréhension subjective de l’art qui prévaut encore de nos jours.

Le XIXe siècle

Au XIXe siècle, l’apport durable du philosophe Friedrich Hegel réside dans sa conception selon laquelle la production artistique ne suffit pas et doit être replacée dans son contexte de création pour être comprise.

Le XXe siècle

La réflexion sur les champs de l’art fait à présent partie intégrante de la production artistique. L’art ne se réduit plus à une forme, un matériau, une structure, bien définis. Et c’est justement cette ouverture, cette diversité et ces transformations qui apportent la preuve que l’art au travers de ses productions représentant des perspectives intellectuelles ou matérielles, des espérances et des utopies, vient enrichir l’existence humaine qui sans l’art, serait exclusivement vouée au progrès. Sans l’art, il n’y aurait plus de temps pour l’introspection et la réflexion, il n’y aurait plus ce qu’Hegel appelait le « Dimanche de la vie ».

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