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Tikehau – île Robinson

Tikehau

Atoll presque circulaire, Tikehau dispose d’un lagon intérieur de 26 km et une passe pour les petits bateaux. La meilleure façon de découvrir cette splendeur de polynésie est une balade à pied qui vous montrera la beauté du village et de son environnement.

Tikehau Pearl Beach Resort
Tikehau Pearl Beach Resort

Découverte de Tikehau

Lorsque l’équipe de recherche du Commandant Cousteau a fait une étude des atolls polynésiens en 1987, le lagon de Tikehau fut déclaré le plus poissonneux des îles basses de Polynésie. Les parcs à poissons sont le revenu principal des 400 habitants qui expédient régulièrement leurs poissons perroquets et autres poissons du lagon vers Tahiti. Un lagon qui est le centre d’attraction naturel de l’atoll.

Une excursion à la découverte des parcs à poissons et des “motu” offre la possibilité de pêcher avec un harpon et de plonger dans l’eau cristalline du lagon.

Cet atoll situé à 300 km au nord-ouest de Tahiti, à une dizaine de kilomètres de Rangiroa, de forme ovale, bénéficie d’une grande passe, et d’une série d’îlots dont le plus grand, au sud-ouest de l’atoll, large de 900 mètres, est habité.

Le charmant village fleuri de Tuherahera est construit au sud de ce grand motu, et est complété par deux autres villages : Tuheiava, important centre de pêche lagunaire avec ses nombreux parcs à poissons alimentant les marchés de Tahiti, et Maiai sur l’autre grand motu du nord-est exploité traditionnellement pour son coprah.

La beauté et l’abondance de sa faune expliquent la pratique de la plongée sous-marine, notamment dans la passe de Tuheiava, où les ballets des raies manta alternent avec les défilés des bancs de barracudas et de thons, sans oublier la présence des requins gris ou à pointe blanche.
L’un des plus beaux atolls de Polynésie abrite également de nombreuses colonies d’oiseaux réfugiés dans ses petits “motu”, dont la justement nommée île aux oiseaux connue pour ses fous à pieds rouges (Sula sula)et ses noddis bruns (Anous stolidus).

Village de Tikehau
Village de Tikehau

Tikehau fait partie du plus grand archipel de la Polynésie française, et du plus grand ensemble d’îles coralliennes du Pacifique tropical, si l’on exclut les archipels micronésiens d’ailleurs coupés de quelques îles hautes.

L’archipel des Tuamotu égrène ses 78 atolls entre 14 et 24° S, 134 et 148° O et Tikehau en constitue la limite nord-ouest (avec Mataiva), la limite d’un alignement majeur dans la direction du sud-est, de 300 à 1600 kilomètres de Papeete, et dans lequel se suivent des directions privilégiées, flanquées d’alignements secondaires au nord et au sud. S’il appartient aux géophysiciens et aux géomorphologues d’interpréter ces continuités et leurs ruptures, on peut observer que ce faisceau trouve son origine dans les pointements volcaniques orientaux de Pitcairn, et du groupe des Gambier.

Voisin immédiat de Rangiroa à l’ouest, cet atoll de 20 km2 (d’où son nom d’île Robinson) occupe à peine 2% de la superficie totale des terres émergées de l’archipel (près de 1000 km2). Ce rapport descend même à 0,1% si l’on se réfère à l’espace réel occupé par les atolls et prenant en compte la surface des lagons qu’enserrent ces chaînettes filiformes de motu (à peine 20 000 km2). Tout ceci pour plus de 800 000 km2 d’océan (l’ensemble de l’archipel occupe un espace marin de 1800 km de long, et 400 à 500 km de large). Ceci nous donne très exactement pour Tikehau une superficie totale de 46 121 hectares, une couronne récifale de 6 121 hectares, un lagon de 40 000 hectares, 2 000 hectares de motu. Leur superficie représente 32,67 % de la couronne récifale et le lagon 86,73 % de la superficie totale.

La couronne récifale est beaucoup plus large sur la côte “sous le vent” que sur la côte “au vent”. L’érosion semble ici l’emporter sur la construction sur la côte “au vent”.

De forme presque arrondie (27,7 km sur près de 20 km), il possède un récif continu d’une longueur proche de 80 km et d’une largeur entre 300 m dans le nord et 1 000 m dans le sud-ouest. Il n’est interrompu qu’à la passe de Tuheiava à l’ouest. C’est par cette passe que les petits navires peuvent accéder au village de Tuherahera.

Les géologues s’accordent à dire que ces atolls sont le reste de montagnes effondrées. Les premiers explorateurs polynésiens qui ont abordé ces rivages il y a plusieurs siècles les appelèrent Pakamotu, ” nuage d’îles “. Les chefs exilés de Tahiti et des Marquises les nommèrent par la suite Paumotu, ” îles soumises, conquises, îles de l’exile “. Puis les navires occidentaux qui croisèrent dans ces eaux leur ajoutèrent les noms d’ ” Archipel Bas “, d’ ” Archipel de tous les Dangers “, de ” Labyrinthe “. Leurs habitants d’aujourd’hui, les Paumotu, les appellent simplement Tuamotu, ” nombreuses îles “.

L’atoll de Tikehau a subi, dans le même temps que Makatea et les atolls voisins, un soulèvement de quelques mètres qui a porté à une altitude maximum de 13 mètres les calcaires coralliens du Mio-Pliocène. Ceux-ci, les “feo”, sont surtout présents dans le motu Tuherahera et sur les platiers de l’ouest et du sud-est où ils sont façonnés par la dissolution en pitons aux arêtes acérées.

Les atolls des Tuamotu ont une origine lointaine qu’il est possible de dater de plus de 50 millions d’années. Ils se sont édifiés, millénaire après millénaire, grâce aux polypes coralliens, sur un socle volcanique ancien.

Ces minces anneaux bio construits dépassant l’océan Pacifique de quelques mètres, sont la partie visible de grands édifices calcaires qui dominent les plaines abyssales. Ils peuvent être remis en question par des évènements exceptionnels: des motu disparaissent, d’autres se créent; des hoa autrefois fonctionnels sont comblés; des conglomérats coralliens jalonnent d’anciens rivages. Leur partie visible, assise sur un long passé, est donc la précaire résultante d’un équilibre entre les processus d’érosion et ceux de la patiente construction corallienne.

poissons - Tikehau
Pêche et Poissons de Tikehau

La pêche sur l’Atoll Tikehau

La pêcherie artisanale s’est développée vers les années 1960, bien structurée autour de quelques familles, dans et aux abords directs de la passe. Sa production était destinée à l’exportation, dans un premier temps vers Makatea où l’exploitation des phosphates avait créé un marché, puis vers Tahiti à partir de 1966. Actuellement, la pêche sur Tikeau est toujours dynamique, même si le nombre de famille la pratiquant s’est réduit.

L’engin de capture qui sert en même temps de lieu de stockage, est le traditionnel piège à poissons, amélioré grâce aux matériaux nouveaux. On utilise encore néanmoins du matériel traditionnel en quantité comme le poteau de bois de “kahaia” (Guettarda speciosa L.). De nombreuses variantes existent concernant la longueur des “rauroa”, la forme des aua et le nombre de tipua (voir p. 62). La position du parc et son type d’exploitation conditionnent sa construction.

La majeure partie des pièges sont situés dans ou près de l’unique passe, large de 300 mètres et profonde de quatre. Moins d’une dizaine d’entre eux contribuent à la production. Avec les nouveaux matériaux, leur localisation est de moins en moins astreinte à la configuration du terrain. Si lorsqu’ils étaient entièrement faits de corail, ils ne pouvaient guère se trouver dans des zones profondes, l’arrivée du grillage a permis de les implanter à des profondeurs de plus de 5 mètres. Mais, en ambiance marine, le grillage se dégrade rapidement.

Il doit être remplacé au moins tous les six à huit mois. C’est l’occasion de changer la configuration des parcs. Les poissons guidés par les bras collecteurs, rentrent dans le “aua” et ultérieurement dans le “tipua” où ils sont retenus prisonniers jusqu’à l’arrivée du bateau frigorifique.

Comme dans beaucoup de pêcheries récifales, les prises sont multispécifiques. On a dénombré une vingtaine de familles regroupant une cinquantaine d’espèces commercialisées vers le marché de Papeete. Seules certaines de ces familles sont commercialement intéressantes. C’est le cas des Carangidés, Lethrinidés, Lutjanidés, Mullidés et Acanthuridés. D’autres ne sont capturées qu’épisodiquement comme les Holocentridés, les Priacanthidés.

La majorité est pêchée durant le printemps austral, essentiellement en novembre et décembre: bec de cane à long museau (“oeo uturoa” – Lethrinus miniatus), carangue bleue (“paaihere” – Caranx melampygus), perche pagaie (“tuhara” – Lutjanus gibbus), perche à bords jaunes (“toau”- Lutjanus fulvus), nason à rostre court (“tatihi” – Naso brevirostris), Surmulet à bande jaune (“vete” – Mulloidichthys flavolineatus).

D’autres sont capturées surtout en été et/ou en automne: chinchard (“ature” – Selar crumenophtalmus), poisson chèvre à queue rayée (“faia” – Upeneus vittatus), chirurgien à nageoires jaunes (“parai” – Acanthurus xanthopterus), loche marbrée (“hapuu” – Epinephelus polyphekadion) et carangue maquereau (“operu” – Decapturus pinnulatus.)

Enfin, il y a les poissons qui n’ont pas de saison de production très marquée: poisson os (“ioio” – Albula forsteri), grande becune (“Tiatao” – Sphyraena forsteri), les poissons soldats (“iihi ” – Myripristis sp).

Le calendrier polynésien mentionne toujours avec le cycle lunaire l’activité des poissons. Qu’en est-il de la pêche dans les parcs ? Chaque nouvelle lune, la production est nulle. Elle s’accroît ensuite très fortement la semaine suivante, avant de décroître progressivement jusqu’à la nouvelle lune suivante. En fait ces poissons sont piégés lorsqu’ils migrent pour aller pondre, et la ponte est liée au cycle lunaire.

Tikehau - Carte
Tikehau – Carte

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