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La Guyane Histoire et Culture

La guyane

Durant la Révolution française, en Guyane, de nombreux opposants furent déportés : prêtres réfractaires, jacobins après Thermidor, tels Billaud-Varenne et Collot d’Herbois ou royalistes tel Pichegru.

Histoire de la Guyane

De 1851 à 1945, la Guyane fut un lieu de déportation et de bagne (des opposants au Second Empire y furent envoyés après le coup d’État du 2 décembre, et le capitaine Dreyfus fut incarcéré dans l’île du Diable de 1895 à 1899). En 1946, la Guyane devint un département français, auquel la loi de décentralisation de décembre 1982 octroya le statut de Région. Le premier conseil régional a été élu en 1983.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la ruée vers l’or attira de nombreux travailleurs étrangers, en Guyane, qui vinrent suppléer le manque de main-d’œuvre locale. La mosaïque ethnique ainsi créée a été complétée dans la décennie 1970-1980 par l’arrivée d’un grand nombre de nouveaux immigrants (Libanais, Chinois, Hmongs, Laotiens, Haïtiens, Surinamiens) attirés par les perspectives d’emplois dues à la création du centre spatial de Kourou. En 1990, la population juridiquement étrangère représentait 50 % de l’ensemble ; malgré la baisse d’activité, l’effet d’attraction persiste sur les pays voisins, et l’immigration clandestine est importante.

L’orpaillage, qui n’occupe officiellement que quelques centaines de personnes, en occupe probablement plusieurs milliers, la part du travail clandestin dans ce secteur pouvant être chiffrée à près de 80 %. Si la production d’or déclarée officiellement ne place la Guyane qu’au 50e rang mondial, avec 2,8 tonnes — loin derrière le Brésil (100 t par an) ou le Ghana (50 t) — les chiffres de la production réelle sont estimés pratiquement au triple, soit environ 7,5 tonnes par an.

Le barrage de Petit-Saut, construit par EDF sur la rivière Sinnamary, assure aujourd’hui 80 % de l’électricité du département (équivalent de 120 000 t de fioul par an). Sa construction a nécessité la mise en œuvre de vastes programmes scientifiques, notamment pour la sauvegarde de nombreuses espèces animales menacées par la mise en eau du barrage.

À peine 2 000 ha sont cultivés, et les maigres cultures (riz, bananes, canne à sucre, manioc et tabac) ne couvrent qu’une faible partie des besoins du pays. L’état des routes (1 690 km, dont 52 % asphaltés) ne permet pas l’exploitation des immenses ressources forestières; celles-ci sont l’objet d’un programme d’intervention sur la bande côtière. Près de 200 000 touristes visitent annuellement la région.

Culture

La littérature guyanaise, moins abondante que celle de la Martinique ou de la Guadeloupe, est illustrée par le romancier Bertène Juminer (né en 1927 à Cayenne) : les Bâtards (1961), Au seuil d’un nouveau cri (1963), la Revanche de Bozambo (1968), la Fraction de seconde (1990), et par le poète Élie Stephenson (né à Cayenne en 1944) : Une flèche pour le pays à l’encan (1975), Comme des gouttes de sang (1988), Paysages négro-indiens aux enfants de Guyane (1997), également auteur de pièces de théâtre : la Nouvelle Légende de D’Chimbo et Massak (1996), et d’écrits en langue créole (O Mayouri, 1988).