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La forêt de Soignes

Forêt de Soignes

Située au Sud de Bruxelles la forêt de Soignes fait partie d’un maillage forestier plus étendu. Domaine des familles régnantes du Brabant de façon presque ininterrompue, c’est à sa valeur cynégétique que nous devons d’en avoir conservé quelques lambeaux.

Découvrir la forêt de Soignes

La forêt de Soignes fut autrefois une partie de l’immense forêt charbonnière, dans laquelle nos ancêtres trouvaient leur refuge et qui fut largement défrichée sous la pression du développement humain. Dès le néolithique, des établissements humains laissent des traces en forêt. Des tumuli témoignent encore de cette présence.

Au cours du Moyen-Age, une dizaine de communautés religieuses recherchent l’abri de ses frondaisons et la renommée de certaines d’entre elles s’est étendue bien au-delà de nos frontières. Pensons aux premiers textes sacrés écrits non plus en latin mais en flamand au prieuré de Groenendael par Jan van Ruusbroek (1293-1381) et les nombreux peintres, artistes, hommes d’états qui fréquentèrent le prieuré de Rouge Cloître.

Qui parle de la forêt de Soignes, pense au hêtre : 80 % du domaine sont constitués par des hêtraies, 10% par le chêne et les 10% restants par des conifères et les peupliers et d’autres essences. Tous ces peuplements sont actuellement traités en futaie. Le rajeunissement est assuré, là où la chose est possible, par la régénération naturelle le plus souvent après travail du sol. Cependant dans la grande majorité des cas, on est obligé de recourir à la plantation de hêtres en provenance des pépinières de la forêt. Au fur et à mesure de leur croissance, les plantations sont l’objet de soins assidus de la part des forestiers afin de donner aux meilleurs arbres l’espace nécessaire à leur développement: ce sont les dégagements; les nettoiements et les éclaircies.

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La flore de Soignes

Avant que l’homme n’ait modifié profondément la composition de la forêt de Soignes, on y trouvait sans doute communément la riche végétation herbacée de la chênaie mélangée à hêtre (Fago-Quercetum) et de la forêt mélangée atlantique à jacinthe (Endymio-Carpinetum) sur les confins desquelles s’étendait la Carbonaria sylvae.

De vastes étendues de hêtraie pure sont nues ou garnies d’une maigre végétation de polytrichum, de canche flexueuse et parfois de grands joncs. La molinie, la bruyère et la myrtille caractérisent les sols les plus dégradés.

Une meilleure structure édaphique favorise l’anémone des bois, le millet, l’oxalis petite oseille, la germandrée scorodoine, la houlque laineuse, les fougères mâle et femelle, et de nombreuses autres espèces. Sous les chênes, à la faveur d’un humus doux, on trouve entre autres la ficaire, la mercuriale, l’ortie jaune, le gouet, la primevère, l’épiaire des bois et même la parisette.
Il y a des stations d’ail des ours, de jacinthe des bois et de prêle.

Au bord des chemins croissent la circée, le myosotis, la benoite, la grande chêlidoine, l’herbe-à-Robert, la compagnon blanc. Et puis encore la stellaire, la scrofulaire, la linaire, le lierre terrestre, le sêneçon des bois, la véronique et aux endroits plus frais, le bugle et le blechnum. Enfin les sols les plus riches en azote se reconnaissent à la présence de l’ortie et de l’épilobe.

Près des étangs peut s’observer toute la richesse des zones humides dont l’iris des marais, symbole de Bruxelles et origine du lys armorié des rois de France

Le botaniste passionné pourra également observer l’aspérule odorante, la muscatelle, la dorme, le raiponce, diverses orchidées dont la néottie nid d’oiseau et nombre d’autres plantes aussi rares.
Il va de soi qu’une telle végétation ne pourra être sauvegardée que si chaque visiteur de la forêt respecte soigneusement toutes les petites plantes. Aucun prélèvement ni apport n’est autorisé en forêt de soignes que ce soit des végétaux morts (bois…) ou verts (plantes, fleurs), des sols ou des minéraux, ou encore des animaux (lâchages, abandons, capture, braconne, ou accidents).

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La forêt de Soignes et sa faune

Autrefois, l’habitant de la forêt de Soignes combattait l’ours, le loup, le cerf et il n’y a pas tellement longtemps que les derniers sangliers ont émigré.

Comme gros gibier, il ne reste plus que le chevreuil. Le dernier blaireau fut victime du trafic automobile dans les années 1970. Lièvres et faisans sont en nette diminution parce que dans les campagnes environnantes, leurs gagnages sont progressivement bâtis.

Le lapin diminue aussi à cause de la myxomatose qui le touche régulièrement. Différentes espèces de petits rongeurs parfois, par besoin d’eau s’attaquent à l’écorce des arbres. Avec les poules et les faisans, ils constituent le met préféré du renard qui a repeuplé la forêt voici une trentaine d’années.

L’écureuil indigène se raréfie tandis que l’écureuil de Corée se multiplie trop rapidement n’ayant pas de prédateurs.

Sans prédateurs non plus les perruches vertes à collier des forêts de hêtres sempervirents des andes ont envahi la forêt de Soignes et strient d’éclairs verts et de cris aigus le ciel. Leurs nids bâtis en colonies sont extrêmement volumineux et sont même présents en ville (avenue Molière, et Kauwberg).

Sans grande difficulté, vous rencontrerez des oiseaux indigènes : des corneilles, des pies, des geais, des merles, des étourneaux et des grives musiciennes. Les premières sont assez indésirables, car elles poursuivent les petits oiseaux. Parmi ceux-ci, la mésange charbonnière, la mésange bleue, les pinsons, le troglodyte, le rouge gorge et l’accenteur-mouchet sont les plus communs. Parmi les rapaces, la chouette hulotte et le faucon crécerelle et la buse sont les moins rares, la bondée apivore et l’autour sont également revenus.

Des nichoirs ont été mis à la disposition de certaines espèces qui en ont tiré le meilleur profit.

Au printemps, plus d’un promeneur s’arrête pour écouter l’appel du coucou ou le tambourinement du pivert. Et souvent il découvre les colverts couvant dans les ronces ou sous les cépées de taillis. Les étangs et leurs abords sont également le lieu de nidification de grèbes huppés ou de cygnes

Les foulques et poule d’eau dont les nids flottent à la surface partagent les étangs avec le héron et le martin pêcheur qui sont également des hôtes assidus des zones humides mais sont nettement plus difficiles à observer. Différents autres oiseaux aquatiques fréquentent les plans d’eau comme halte temporaire ou permanente lors de leurs migrations.

Enfin, lors des années de faines, des dizaines de milliers de ramiers et de pinsons s’abattent sur la forêt pour s’en gaver. Sans compter nombre d’autres petits chanteurs que des ornithologues expérimentés pourront dépister au cours de leurs promenades et qui viendront enrichir encore la liste des oiseaux nicheurs de la forêt de Soignes.

La forêt de Soignes héberge également de nombreux batraciens dont des grenouilles , des crapots, des salamandres, des tritons et quelques crustacés dont les gammares, sortes de crevettes d’eau douce qui se concentrent près des sources. Des tortues carnivores hantent également les étangs et constituent une véritable menace pour la diversité biologique.

Les règles de circulation dans la forêt de Soignes doivent être suivies pour la conservation de son équilibre. Certains gestionnaires de la forêt sont assez sensibles et se hérissent facilement et alors gare qui s’y frotte s’y pique. Comme la faune, la flore ne pourra être conservée que si tous les promeneurs prennent bien soin de la protéger et de respecter sa quiétude.

Forêt de soignes - Plan
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